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	<title>Altermondes &#187; ArgentineAltermondes</title>
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		<title>MadyGraf : les défis d’une usine sans patron à Buenos Aires</title>
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		<pubDate>Tue, 05 Apr 2016 10:11:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Louise Michel D'Annoville]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE]]></category>
		<category><![CDATA[Argentine]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Lorsque la direction de MadyGraf a annoncé sa faillite en 2014, une partie des ouvriers de l’imprimerie a récupéré l’usine en autogestion. Sans patron, à salaires égaux et face aux préjugés persistants à l’encontre de cette gouvernance &#8211; qui n’est pas sans difficulté, ils assurent aujourd’hui 80% de la production réalisée avant le départ de [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p class="GreyBG">Lorsque la direction de MadyGraf a annoncé sa faillite en 2014, une partie des ouvriers de l’imprimerie a récupéré l’usine en autogestion. Sans patron, à salaires égaux et face aux préjugés persistants à l’encontre de cette gouvernance &#8211; qui n’est pas sans difficulté, ils assurent aujourd’hui 80% de la production réalisée avant le départ de la direction.</p>
<p><img class="alwaysThinglink alignleft" style="max-width: 100%;" src="//cdn.thinglink.me/api/image/773854582383050754/1024/10/scaletowidth#tl-773854582383050754;1043138249'" alt="" /><script src="//cdn.thinglink.me/jse/embed.js" async="" charset="utf-8"></script><br />
<span style="line-height: 1.5;">Au cœur de la zone industrielle nord de Buenos Aires, l’une des plus grandes imprimeries du pays tourne sans patron. Après la faillite de l’usine en août 2014, les ex-employés ont décidé de résister en occupant les lieux puis en relançant la production. Ce modèle d’autogestion s’est fortement développé en Argentine avec la crise de 2001 : aujourd’hui il existe 350 entreprises récupérées qui emploient 16 000 personnes. <a href="/andres-ruggeri-les-travailleurs-argentins-ont-appris-que-autogestion-est-un-chemin-viable/">Une victoire pour les ouvriers, mais aussi un défi de taille à relever</a>.</span></p>
<p>Dans le hall de l’usine, le bruit sourd des machines remplace le vrombissement incessant du trafic extérieur. Sur le mur, des lettres en papier découpées à la main dévoilent le nouveau nom de l’imprimerie autogérée par les ouvriers : « MadyGraf Argentina ».<em> « La décoration est un peu précaire </em>» s’excuse une ouvrière qui lance un coup d’œil à l’inscription réalisée par les enfants des écoles publiques voisines pour remercier MadyGraf d’avoir confectionné gratuitement 10 000 cahiers.</p>
<h6>« Ils sont partis du jour au lendemain »</h6>
<p class="leftGreyBG"><span class="BoldBlackPicto" style="line-height: 1.5;">Aujourd’hui il existe 350 entreprises récupérées qui emploient 16 000 personnes.</span></p>
<p><span style="line-height: 1.5;">Gustavo, employé depuis 24 ans dans l’imprimerie, avertit ses collègues qu’il doit s’absenter pour faire visiter l’établissement : </span><em style="line-height: 1.5;">« C’est l’un des avantages à ne pas avoir de patron ! »</em><span style="line-height: 1.5;"> plaisante-t-il. Le 11 août 2014, en arrivant à l’usine, il a trouvé ses collègues attroupés devant la porte d’entrée en train de lire une lettre de la direction. </span><em style="line-height: 1.5;">« Faillite express » </em><span style="line-height: 1.5;">lâche-t-il. </span><em style="line-height: 1.5;">« Ils sont partis du jour au lendemain, sans donner aucune explication </em><span style="line-height: 1.5;">». Sa voix se mêle aux claquements métalliques qui s’échappent des rotatives et des découpeuses de la pièce voisine.</span><em style="line-height: 1.5;"> « Nous nous sommes brusquement retrouvés sans revenus, sans sécurité sociale : imaginez-vous ce que cela représente pour une famille avec trois enfants ! ».</em></p>
<p>Les ouvriers ont saisi la justice pour dénoncer la faillite frauduleuse et le <em>modus operandi</em> de la multinationale américaine Donnelley. Sur les 450 employés que comptait la société Donnelley, ils ne sont plus que 215 aujourd’hui. Ceux qui sont restés ont récupéré l’entreprise, sous la forme d’une coopérative ; ils réclament l’expropriation et l’étatisation de MadyGraf, sous contrôle ouvrier.</p>
<p>Les étages supérieurs du bâtiment, autrefois réservés à la direction, sont désormais condamnés : <em>« depuis leur départ, nous sommes tous au même niveau »</em> explique Jorge Medina, ex-employé de Donnelley. Ici, tout le monde reçoit le même salaire et les décisions sont votées pendant les assemblées générales. Après la faillite de l’usine, il a fallu s’organiser et composer avec les moyens du bord. Un machiniste s’improvise alors cuisinier : <em>« du jour au lendemain je me suis mis à faire des pâtes pour 300 personnes »</em> se souvient l’homme accoudé à une pile de revues qui viennent d’être reliées. Pour remonter le moral de ses <em>compañeros</em>, il organise même des karaokés tous les vendredis.</p>
<div id="attachment_148280" class="wp-caption aligncenter"><a href="/wp-content/uploads/2016/04/Jorge-Medina-dans-le-local-syndical-de-MadyGraf.jpg"><img class="wp-image-148280 size-full" src="/wp-content/uploads/2016/04/Jorge-Medina-dans-le-local-syndical-de-MadyGraf.jpg" alt="Jorge Medina, dans le local syndical de MadyGraf" width="1200" height="900" /></a><div class="wp-caption-text">Jorge Medina, dans le local syndical de MadyGraf</div></div>
<p>Si les ouvriers de MadyGraf ont réussi à conserver leur principal client – une maison d’édition spécialisée dans les revues people &#8211; ce fut un véritable parcours du combattant pour persuader les autres de rester. Pour Jorge :</p>
<blockquote><p>« Il y a tout un tas de préjugés autour des entreprises récupérées en Argentine, personne n’avait confiance au début  »</p></blockquote>
<p>. Donnelley a pris soin de contacter les anciens clients pour leur dresser un tableau apocalyptique de la situation. <em>« Ils ont raconté que nous étions en train de nous enfuir avec les machines, ou que certains dormaient dans les couloirs depuis la fermeture de l’usine » </em>déplore Jorge, qui depuis, invite les clients à s’assurer, en personne, du bon fonctionnement de l’entreprise. Aujourd’hui, MadyGraf a atteint 80% de la production réalisée pendant l’ère Donnelley.</p>
<h6>« La Commission des Femmes » : un soutien de poids</h6>
<p class="rightGreyBG"><strong><em>Escrache</em></strong> : terme évoquant les manifestations organisées suite à la dictature militaire, devant le domicile d’une personne pour la condamner publiquement</p>
<p><span style="line-height: 1.5;">Sous les néons à moitié allumés par souci d’économie, trois femmes traversent l’immense hangar avec un maté à la main, la boisson nationale. Erika, Emiliana et Anahi font partie de la « Commission des Femmes » qui a joué un rôle moteur dans la récupération de l’entreprise. Épouses ou compagnes des ouvriers de MadyGraf, elles ont lancé une campagne de solidarité nationale avec des banques alimentaires pour soutenir les familles. Selon la tradition de l’</span><em style="line-height: 1.5;">escrache</em><span style="line-height: 1.5;"> en Argentine, elles se sont également rendues – avec leurs enfants dans les bras &#8211; au domicile de l’ancien patron de leurs maris.</span><em style="line-height: 1.5;"> « Nous tenions à lui dire en face que nous allions lutter pour chaque poste » </em><span style="line-height: 1.5;">rappelle Anahi, faisant ainsi écho à leur slogan : « derrière chaque travailleur, il y a une famille ». Aujourd’hui, vingt membres de la Commission font partie de l’équipe de MadyGraf. Leur dernier projet en cours : l’ouverture d’une garderie dans l’ancien bureau des ressources humaines.</span></p>
<p><span style="line-height: 1.5;"><a href="/wp-content/uploads/2016/04/La-Commission-des-Femmes-MadyGraf.jpg"><img class="aligncenter wp-image-148281 size-full" src="/wp-content/uploads/2016/04/La-Commission-des-Femmes-MadyGraf.jpg" alt="La Commission des Femmes MadyGraf" width="1200" height="900" /></a></span></p>
<h6>Coordination entre usines récupérées</h6>
<p><span style="line-height: 1.5;">Les marques de solidarité sont nombreuses, non seulement au sein de la fabrique mais aussi entre plusieurs usines autogérées dont l’imprimerie WorldColor, ou la céramique Zanon, récupérée par les travailleurs pendant la crise de 2001 et devenue l’un des symboles des entreprises autogérées en Argentine. Une rencontre régionale d’ouvriers s’est tenue à MadyGraf en décembre dernier. Objectif : devenir un laboratoire d’idées et une source d’inspiration. </span><em style="line-height: 1.5;">« Nous sommes un peu avant-gardistes et avons changé la mentalité individualiste qui régnait ici » </em><span style="line-height: 1.5;">se targue Jorge. Un an et demi après, les obstacles restent cependant nombreux</span><em style="line-height: 1.5;"> </em><span style="line-height: 1.5;">: le projet de loi pour l’expropriation est bloqué depuis des mois et les divergences internes quant à l’avenir de l’usine de plus en plus palpables. </span><em style="line-height: 1.5;">« Tout n’est pas rose : le contrôle ouvrier comprend de nombreuses contradiction</em><span style="line-height: 1.5;">s » reconnaît Jorge. Certains seraient prêts à vendre des machines pour s’assurer un salaire à la fin du mois, tandis que d’autres souhaiteraient rester sous forme de coopérative traditionnelle, sans se soucier de la pérennité du projet. Dans le local syndical, Jorge se fraie un chemin entre le mégaphone, les banderoles des manifestations, les tracts politiques du Parti des Travailleurs Socialistes (PTS) et les posters de Manu Chao pour finalement atteindre un article de journal qui présente un homme encerclé par la police lors d’un </span><em style="line-height: 1.5;">piquete </em><span style="line-height: 1.5;">(blocage routier): </span><em style="line-height: 1.5;">« Ils m’ont un peu tabassé, puis m’ont mis en prison »</em><span style="line-height: 1.5;"> raconte Jorge. Quelques 200 camarades se sont aussitôt rendus au commissariat pour qu’il soit libéré. </span><em style="line-height: 1.5;">« Si tu touches à l’un d’entre nous, c’est à tout le monde que tu touches » </em><span style="line-height: 1.5;">lance-t-il : l’autre devise phare de MadyGraf.</span></p>

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		<title>Andrès Ruggeri  : « Les travailleurs argentins ont appris que l’autogestion est un chemin viable »</title>
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		<pubDate>Tue, 05 Apr 2016 10:10:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Rédaction]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE]]></category>
		<category><![CDATA[Argentine]]></category>
		<category><![CDATA[coopérative]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>L’Argentine compte près de 350 entreprises récupérées par les travailleurs employant un total d’environ 16 000 personnes. Organisateur des rencontres internationales « L’économie des travailleurs », qui permettent aux représentants de ces entreprises d’échanger sur leurs pratiques et difficultés, Andrès Ruggeri souhaite voir émerger une nouvelle logique économique et sociale.  Comment expliquer la quantité d’entreprises récupérées par les [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p class="GreyBG">L’Argentine compte près de 350 entreprises récupérées par les travailleurs employant un total d’environ 16 000 personnes. Organisateur des rencontres internationales « L’économie des travailleurs », qui permettent aux représentants de ces entreprises d’échanger sur leurs pratiques et difficultés, Andrès Ruggeri souhaite voir émerger une nouvelle logique économique et sociale.<strong style="line-height: 1.5;"> </strong></p>
<h6><span style="line-height: 1.5;">Comment expliquer la quantité d’entreprises récupérées par les travailleurs (ERT) en Argentine ?</span></h6>
<p><strong><a href="/wp-content/uploads/2016/04/Andres-Ruggeri.jpg"><img class="alignleft wp-image-148309 size-thumbnail" src="/wp-content/uploads/2016/04/Andres-Ruggeri-150x93.jpg" alt="Andrès Ruggeri" width="150" height="93" /></a>Andrès Ruggeri :</strong> La moitié des entreprises récupérées argentines est apparue après la crise de 2001-2003. Les conditions extrêmes générées par la politique néolibérale (crise très grave, chômage record et démantèlement de l’appareil de sécurité sociale) ont forcé les travailleurs à entrer en résistance, dans un pays ayant une tradition ouvrière d’occupation d’usines. Sans être systématique, l’occupation d’usine était une option, et la situation a au moins permis de rompre l’isolement des travailleurs. Ils ont formé un mouvement avec une identité et une organisation propres, pour soutenir et promouvoir les récupérations. L’état du pays a beau avoir évolué depuis, les travailleurs argentins ont appris que l’autogestion est un chemin viable pour conserver leurs postes de travail. Et leurs ex-patrons sont d’une certaine manière à l’origine de ce mouvement collectif.</p>
<h6>Quelles difficultés rencontrent les ERT ? Comment les résoudre ?</h6>
<div id="attachment_148299" class="wp-caption alignright"><a href="http://www.syllepse.net/lng_FR_srub_74_iprod_631-occuper-resister-produire.html#"><img class="wp-image-148299 size-medium" src="/wp-content/uploads/2016/04/occuper21-214x300.jpg" alt="Occuper, résister, produire" width="214" height="300" /></a><div class="wp-caption-text"><a href="http://www.syllepse.net/lng_FR_srub_74_iprod_631-occuper-resister-produire.html#" target="_blank">« Occuper, résister, produire. Autogestion ouvrière et entreprises récupérées en Argentine »</a> d’Andrès Ruggeri (Université de Buenos Aires) – traduit depuis l’espagnol (Argentine) par Nils Solari, Éditions Syllepse, avril 2015</div></div>
<p><strong style="font-size: 16px; line-height: 1.5;">A.R. :</strong><span style="font-size: 16px; line-height: 1.5;"> L’État n’accorde pas facilement de caractère légal aux entreprises récupérées. Au moment de former une coopérative, les travailleurs des ERT perdent certains droits prévus par la législation du travail, notamment l’accès à la sécurité sociale. Ils doivent donc se mobiliser pour obtenir des lois d’expropriation, une réforme de la loi sur les faillites et des aides financières. Ensuite, le marché impose une logique de concurrence que les travailleurs ne savent pas toujours affronter et pour laquelle ils sont en désavantage : n’ayant pas accès au crédit, ils ne disposent pas de capital d’amorçage et ne peuvent compter que sur leur force de travail et leurs machines, souvent en piètre condition. <a href="/de-fralib-a-1336-une-marque-porteuse-de-valeurs-et-de-pratiques-ecologiques/">Il n’est pas facile de constituer un collectif autogestionnaire capable de relever ces défis</a>. Surtout lorsqu’il se forme de manière involontaire, comme un héritage du désastre économique et social issu de la fermeture d’entreprise.</span></p>
<h6>Vous organisez les rencontres internationales « L’économie des travailleurs ». Quels en sont les objectifs ?<strong style="line-height: 1.5;"> </strong></h6>
<p><img class="alwaysThinglink alignleft" style="max-width: 100%;" src="//cdn.thinglink.me/api/image/773854582383050754/1024/10/scaletowidth#tl-773854582383050754;1043138249'" alt="" /><script src="//cdn.thinglink.me/jse/embed.js" async="" charset="utf-8"></script><br />
<strong style="font-size: 16px; line-height: 1.5;">A. R. : </strong>Échanger<span style="font-size: 16px; line-height: 1.5;"> et débattre autour des différentes expériences d’ERT afin de mieux comprendre leurs origines, problèmes et perspectives, et coordonner les efforts. L’autogestion ne se résume pas à la résistance au chômage provoqué par le néolibéralisme, il faut développer une nouvelle logique économique et sociale, encore embryonnaire. Lors de la dernière rencontre au Venezuela, des résolutions ont été prises pour entamer la coordination d’expériences, tant sur le plan de la solidarité internationale et de l’échange d’information, qu’au niveau de relations plus concrètes sur le plan économique. Les coopératives de textile argentines et les producteurs communautaires de tissus vénézuéliens ont par exemple signé un accord de collaboration. En Europe, une première rencontre s’est tenue en janvier 2014 dans l’usine de </span><a href="/les-nouveaux-defis-des-ex-fralib/"><em style="font-size: 16px; line-height: 1.5;">Fralib</em></a><span style="font-size: 16px; line-height: 1.5;"><a href="/les-nouveaux-defis-des-ex-fralib/"> (actuelle SCOP TI)</a> à Gémenos. Une seconde se prépare à </span><em style="font-size: 16px; line-height: 1.5;">Vio.me</em><span style="font-size: 16px; line-height: 1.5;">, à Thessalonique, en Grèce, afin que les ERT européennes puissent, au-delà des débats, soutenir sur le terrain la lutte des travailleurs grecs.</span></p>
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		<title>Légalisation de l’avortement : le chemin de croix des Argentines</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Mar 2016 15:28:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Louise Michel D'Annoville]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[DROITS HUMAINS]]></category>
		<category><![CDATA[Argentine]]></category>
		<category><![CDATA[contraception]]></category>
		<category><![CDATA[droits des femmes]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>« L’avortement légal pour ne pas mourir ! », scandent depuis dix ans les membres la Campagne nationale pour la légalisation de l’IVG en face du Congrès à Buenos Aires. Souvent présentée comme une société progressiste, pour avoir autorisé le mariage homosexuel dès 2010, l’Argentine interdit toujours l’avortement, sauf pour cas exceptionnels. Dans un pays qui se dit [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p class="GreyBG"><span style="line-height: 1.5;">« </span><em style="line-height: 1.5;">L’avortement légal pour ne pas mourir !</em><span style="line-height: 1.5;"> », scandent depuis dix ans les membres la Campagne nationale pour la légalisation de l’IVG en face du Congrès à Buenos Aires. Souvent présentée comme une société progressiste, pour avoir autorisé le mariage homosexuel dès 2010, l’Argentine interdit toujours l’avortement, sauf pour cas exceptionnels. Dans un pays qui se dit catholique à 90%, cette pénalisation oblige les femmes à emprunter le labyrinthe de l’avortement clandestin, parfois au péril de leur vie.</span></p>
<p><span style="line-height: 1.5;">Prostrée dans la salle d’attente, Ana (les prénoms ont été modifiés par souci d’anonymat) serre son sac-à-dos contre son ventre. La jeune femme aux longs cheveux noirs fixe ses doigts qu’elle tripote nerveusement. Elle ne relève la tête que lorsqu’un écran devant elle dévoile le slogan de la <a href="http://grupofusa.org/casafusa/" target="_blank">Casa Fusa</a>, le centre de santé où elle se trouve : « </span><em style="line-height: 1.5;">Ce qui t’arrive, nous concerne aussi</em><span style="line-height: 1.5;"> »</span><em style="line-height: 1.5;">.</em><span style="line-height: 1.5;"> Un médecin vient rompre le silence et lui demande de la suivre. Ana s’apprête à subir un avortement par aspiration. Âgée de 23 ans, cette mère de deux enfants a déjà interrompu une grossesse il y a huit ans, après s’être fait violer dans la ville dont elle est originaire : une </span><em style="line-height: 1.5;">villa</em><span style="line-height: 1.5;"> – un bidonville &#8211; située dans la province de Buenos Aires. « </span><em style="line-height: 1.5;">À l’époque, je me suis rendue à l’hôpital public, mais les médecins ont refusé de pratiquer une IVG</em><span style="line-height: 1.5;"> », confie-t-elle.</span></p>
<p class="rightGreyBG">En mars 2012, un arrêt de la Cour Suprême a donné une interprétation plus large de l&rsquo;article 86 du Code Pénal en prenant en compte la santé de la femme du point de vue « psychosociale ».</p>
<p>En Argentine, l’avortement est considéré comme un délit sauf en cas de viol, de danger pour la santé de la mère ou de malformation du fœtus (Article 86 du Code Pénal). Mais, dans les faits, l’accès à l&rsquo;IVG reste un chemin de croix pour les femmes qui pourraient légalement y avoir recours. Pour les autres, c’est un véritable parcours du combattant qui les oblige souvent à basculer dans la clandestinité en recourant parfois à des méthodes « faites maisons » dans des conditions insalubres.</p>
<p>En Argentine, une adolescente devient mère toutes les cinq minutes. Afin de les détourner du circuit clandestin, l’ONG Casa Fusa a ouvert ses portes en octobre 2013 au cœur de Buenos Aires. Obstétriciennes, gynécologues et psychologues y accompagnent les jeunes patientes âgées de 10 à 25 ans tout au long du processus d’interruption de grossesse, leur assurent un suivi psychologique et les informent sur les différents moyens de contraception.</p>
<h6>« Des fœtus sont retrouvés dans les poubelles »</h6>
<p class="leftGreyBG"><strong><a href="/le-droit-de-choisir-entre-liberte-individuelle-et-lutte-collective/">Le droit de choisir : entre liberté individuelle et lutte collective</a>,</strong> une tribune signée par Amnesty international France, Équilibres &amp; Populations, la FIDH, Genre en action, Médecins du Monde et le Planning familial.</p>
<p>C’est grâce à sa patronne, chez qui elle travaille comme femme de ménage, qu’Ana a eu connaissance de cet établissement : « <em>Lorsque je lui ai confié que j’étais enceinte et que je ne pouvais pas garder le bébé, elle m’a révélé que sa fille y avait avorté</em> »<em>. </em>La criminalisation de la pratique en Argentine – pays miné par de grandes inégalités sociales &#8211; marque une forte discrimination entre les femmes issues de milieux favorisés et celles de milieux défavorisés qui n’ont pas le même accès à l’information ni au système de santé. « <em>Là où j’habitais, beaucoup de filles de mon âge ont avorté toutes seules, chez elles, car elles ne savaient pas où aller</em> »<em>, </em>raconte Ana<em>. </em>L’unique centre de santé de sa ville est saturé : il faut attendre des mois avant d’obtenir un rendez-vous. Et le temps presse… « <em>Toutes les semaines, la police retrouve des fœtus dans les poubelles de mon quartier</em> »<em>, </em>poursuit-elle. Environ 500 000 avortements clandestins seraient réalisés chaque année en Argentine. Autour de 300 femmes meurent chaque année des complications liées à ces IVG clandestins : la principale cause de mortalité maternelle.</p>
<p>Jimena aussi a bien failli y laisser sa santé. C’est grâce au bouche-à-oreille qu’elle entend parler d’une <em>curandera</em>, une sorte de guérisseuse, qui réalise des avortements par voie médicamenteuse, chez elle, dans la banlieue de Buenos Aires. Coût de l’opération : 300 euros. « <em>Ce fut un désastre</em> », confie la jeune fille. Au bout de quelques jours, de violentes douleurs au ventre et une forte fièvre la poussent à se rendre à l’hôpital le plus proche. Alors enceinte de deux mois, le médecin lui diagnostique une intoxication alimentaire : « <em>Évidemment je n’ai rien dit… j’avais trop peur qu’il trouve le fœtus mort, et des éventuelles représailles que cela impliquerait</em> »<em>.</em></p>
<p><em><a href="/wp-content/uploads/2016/03/Aborto-legal-Argentina.jpg"><img class="aligncenter wp-image-145603 size-full" src="/wp-content/uploads/2016/03/Aborto-legal-Argentina.jpg" alt="Aborto legal Argentina" width="1200" height="900" /></a></em></p>
<h6>« Il est urgent d’ouvrir les mentalités »</h6>
<p><span style="line-height: 1.5;">Sandra Vazquez, gynécologue et directrice de Fusa, a fait de la sensibilisation à l’IVG chez les médecins son cheval de bataille : </span></p>
<blockquote><p><span style="line-height: 1.5;">« </span><em style="line-height: 1.5;">En Argentine, il est courant de voir des professionnels de santé opposés à l’avortement utiliser leur clause de conscience ou tenter de dissuader les patientes d’interrompre leur grossesse</em><span style="line-height: 1.5;"> »</span></p></blockquote>
<p><span style="line-height: 1.5;">« </span><em style="line-height: 1.5;">Il est urgent d’ouvrir les mentalités ! Nous, médecins, n’avons pas à décider pour elles. Les femmes ont le droit de choisir ce qu’elles veulent faire avec leurs trompes</em><span style="line-height: 1.5;"> », lance celle qui anime des formations dans les hôpitaux.</span></p>
<p>Sandra Vazquez est aussi la première personne à s’être penchée sur le Misoprostol, ces comprimés utilisés pour les interruptions volontaires de grossesse. Depuis une dizaine d’années, son usage a démocratisé l’accès à l’IVG en Argentine. Auparavant, les femmes devaient le plus souvent avoir recours à la technique de la sonde, des aiguilles à tricoter ou des tiges de persil qu’elles s’enfoncent dans l’utérus pour interrompre leur grossesse.</p>
<h6>« Un tabou social très fort »</h6>
<p class="leftGreyBG">Le collectif La Mestiza a également lancé la première ligne téléphonique pour accompagner les femmes en situation de grossesse non désirée.</p>
<p>« <em>Il y a un encore un tabou social très fort  autour de l’avortement, nous luttons pour le déconstruire</em> », explique Lucila Szwarc militante féministe au sein de <a href="http://www.seamoslibresmp.com.ar/la-mestiza/" target="_blank">La Mestiza</a>, l’une des nombreuses <em>consejerias</em> – centres de quartier – que compte Buenos Aires et qui réorientent les femmes dans les hôpitaux pour avorter. Dans certaines librairies de la capitale, il est désormais possible de se procurer un manuel rédigé par un collectif féministe, pour avorter chez soi avec du Misoprostol.</p>
<p>Stigmatisation, honte, culpabilité, peur… « <em>La criminalisation de l’avortement touche toutes les femmes, de tous âges, toutes classes sociales confondues, tant la condamnation sociale est forte </em>», insiste Lucila Szwarc. Les militantes de la Mestiza font partie des « Secouristes en Réseau », une organisation active dans quinze provinces d’Argentine, y compris les plus conservatrices comme Mendoza, où il est impossible de se procurer du Misoprostol en pharmacie, ou les plus religieuses comme Catamarca Salta, dans le Nord du pays, où les militantes doivent redoubler d’efforts car elles ne peuvent pas compter sur le soutien des professionnels de santé. Malgré ces difficultés, « Les Secouristes en réseau » ont accompagné en 2014 environ 1650 femmes dans leur parcours d’avortement.</p>
<h6>« Un pape argentin ? La pire chose qui nous soit arrivée ! »</h6>
<p>Pourquoi l’Argentine qui s’affiche comme un pays précurseur avec la légalisation du mariage homosexuel en 2010 et la loi d’identité sexuelle en 2012 reste-t-elle aussi fermée sur la question de la légalisation de l’IVG ? Le poids de l’Église catholique et sa proximité avec l’État argentin constituent de sérieux obstacles : <em>« L’élection d’un Pape Argentin est la pire chose qui nous soit arrivée !</em> » lance Carla, membre de la Campagne nationale pour l’avortement légal, sûr et gratuit, qui vient de souffler ses dix bougies. Selon elle, il y a eu « <em>une renaissance du catholicisme avec la figure d’un pape considéré comme progressiste sur d’autres sujets</em> ».</p>
<p>De nombreux défenseurs de la dépénalisation de la pratique craignent également un recul avec l’élection du nouveau président Mauricio Macri, en novembre dernier. En avril 2016, quelque 300 organisations vont proposer une réforme du projet de loi sur l’avortement. Mais pour Sandra Vazquez, une « <em>loi ne suffira pas</em> » : « <em>C’est classique en Argentine, il y a un fossé énorme entre les lois et leur application</em> »<em>.</em> Selon elle, si la légalisation de l&rsquo;avortement était votée demain, ni les structures, ni les mentalités ne seraient préparées. « <em>Aux nouvelles générations de médecins d’intégrer l’avortement comme une pratique normale</em> »<em>, </em>estime-t-elle : une bataille quotidienne qu’elle mène depuis maintenant treize ans.</p>
<div id="attachment_145604" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://11semanas23horas59minutos.tumblr.com/post/128021731729/dr-germ%C3%A1n-cardoso-miembro-del-grupo-m%C3%A9dico"><img class="wp-image-145604 size-full" src="/wp-content/uploads/2016/03/11Semanas23Horas59Minutos_GomezVerdi_Franz_Meurice_02.jpg" alt="Dr German Cardoso" width="1200" height="795" /></a><div class="wp-caption-text">Le docteur Germán Cardoso, membre du groupe médical argentin pour le droit des femmes à décider en cas de grosses non désirée. Crédit : Guadalupe Gómez Verdi, Lisa Franz, Léa Meurice &laquo;&nbsp;<a href="http://11semanas23horas59minutos.tumblr.com/post/128021731729/dr-germ%C3%A1n-cardoso-miembro-del-grupo-m%C3%A9dico" target="_blank">11 Semanas, 23 Horas, 59 Minutos &#8211; Aborto clandestino en Argentina</a>&laquo;&nbsp;</div></div>
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		<title>Bébés volés en Argentine : « La France, un exemple de solidarité pendant la dictature »</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Feb 2016 09:22:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Louise Michel D'Annoville]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[SOCIETE CIVILE]]></category>
		<category><![CDATA[Argentine]]></category>
		<category><![CDATA[dictature]]></category>
		<category><![CDATA[droits de lenfant]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p class="GreyBG">Son nom a été cité pour le Prix Nobel de la Paix. Estela de Carlotto, présidente des Grands-mères de la Place de Mai en Argentine rencontrera, jeudi 25 février, François Hollande dans le cadre de sa visite d’Etat à Buenos Aires, 40 ans après le coup d’Etat militaire. Du haut de ses 85 ans, la figure emblématique des « Abuelas » continue de chercher les petits-enfants volés pendant la dictature par les généraux ou les sympathisants du régime avant d’être appropriés par des familles sous une fausse identité.</p>
<p> <span style="line-height: 1.5;">C’est au Parc de la Mémoire, situé en face en du Rio de la Plata, que François Hollande rencontrera les Grands-mères de la Place de Mai, jeudi 25 février, à Buenos Aires. Un lieu chargé de sens, puisque c’est ici que des milliers de militants politiques ont été jetés vivants dans le fleuve lors des tristement célèbres « vols de la mort ». Sur l’immense monument aux victimes, le nom de la fille d’Estela de Carlotto, présidente de l’association des Grands-mères, y est gravé à côté de milliers d’autres disparus de la dictature. </span></p>
<h6>Qu’est-il arrivé à votre fille Laura, militante politique pendant la dictature ?</h6>
<p><strong>Estela de Carlotto :</strong> Ma fille Laura, étudiante activiste et opposante à la dictature, s’était enfuie de La Plata, la ville où nous habitions, pour des raisons de sécurité. C’est à l’école primaire où je travaillais que je recevais ses appels téléphoniques et ses lettres. Mais ce jour- là, le 16 novembre 1977, les appels ont cessé. C’est à ce moment précis, nous avons eu, mon mari et moi, la certitude que quelque chose lui était arrivé. Elle avait été séquestrée par les forces de sécurité de Buenos Aires avec son compagnon. J’ai alors commencé à la chercher en frappant aux portes des éventuels témoins, des hôpitaux, des commissariats et des régiments dans l’espoir de la retrouver.</p>
<h6>En essayant de retrouver la trace de votre fille votre mari a également été séquestré par la junte militaire pendant la dictature ?</h6>
<p><strong>E.d.C. :</strong> C’est exact. Mon mari a été détenu justement parce qu’il enquêtait sur la disparition de notre fille. Lorsqu’il est sorti, 25 jours plus tard, il m’a raconté tout ce qu’il a vu et vécu pendant sa détention dans ce lieu sinistre de la police de la province de Buenos Aires. Dans cet endroit, transitaient de nombreux prisonniers. Mon mari a vu comment ils étaient torturés puis tués. Ma fille, Laura a dû subir le même traitement….A la seule différence qu’elle attendait un bébé : elle était enceinte de trois mois.</p>
<h6>Comment avez-vous réussi à récolter des informations sur les conditions de détention de votre fille ?</h6>
<p><strong>E.d.C. :</strong> Grâce aux témoignages des ex-détenus libérés que j’ai pu rencontrer. Ils m’ont donné des informations sur les conditions de sa détention, de la naissance de son bébé, puis de son appropriation. Deux mois après avoir donné la vie dans un centre clandestin de détention, ma fille Laura a été privée de son enfant, avant d’être assassinée le 25 août 1978. Nous avons eu le « privilège » de récupérer le corps de notre fille après des discussions interminables au commissariat. Entre-temps je suis partie à la retraite. Mais j’étais loin de perdre ma force et de rester-là à pleurer sur mon sort. Ils avaient déjà détruits notre vie, il était donc hors de question, que j’attende les bras croisés. Un jour, je suis allée me recueillir sur la tombe de Laura, je lui ai promis de lui rendre justice, à elle et ses camarades, et de chercher son fils qu’elle voulait appeler Guido, comme son père.</p>
<h6>A cette époque, les Grands-mères de la Place de Mai réalisaient-elles l’ampleur du processus de vols de bébés ?</h6>
<p><strong>E.d.C. :</strong> Quand nous avons commencé à chercher nos petits-enfants, nous étions bien innocentes et naïves ! Nous nous demandions ce qu’ils avaient bien pu faire pour qu’ils les détiennent de la sorte…Jamais nous n’aurions imaginé un tel degré de sauvagerie : les militaires créaient des centaines de centres clandestins, exécutaient les prisonniers, jetaient des hommes et des femmes vivants dans le fleuve et volaient nos petits-enfants. C’est au fil des années que nous avons compris ce qu’il s’était passé, et dans mon cas particulier grâce mon mari, qui avait été lui aussi prisonnier.</p>
<h6>Le sang…La clé pour retrouver les petits-enfants kidnappés pendant la dictature ?</h6>
<p><strong>E.d.C. :</strong> Oui, l’ADN, voilà ce qui nous a permis de retrouver une partie de nos petits-enfants ! Au retour de la démocratie, en 1984 nous avons créé une Banque Nationale de Données Génétiques, unique au monde. Le sang des Grands-mères y est répertorié, ainsi que celui des membres de la famille des petits-enfants volés. Avec l’ADN, aucun doute n’est possible sur la véritable identité de nos petits-enfants : le sang ne ment pas. C’est grâce à cette technique que j’ai eu la chance de retrouver mon petit-fils Guido, le 5 août 2014.</p>
<h6>Quel rôle a joué la France dans la lutte des Grands-mères de la Place de Mai ?</h6>
<p><strong>E.d.C. :</strong> La France a toujours été un pays très solidaire. Il y a entre la France et l’Argentine un lien très fort d’amitié. Je pense non seulement à l’Etat mais également à la société civile. Déjà pendant la dictature civico-militaire, la France nous a aidées par le biais de l’ambassade : c’est d’ailleurs avec beaucoup d’affection que nous nous rappelons du personnel de l’ambassade qui était en quelque sorte nos messagers pendant cette sombre période. Nous-mêmes avons voyagé de nombreuses fois en France. Je me rappelle de Danielle Mitterrand et de sa fondation : elle nous a décorées, remis des prix. Elle nous a aussi rendu visite à Buenos Aires, et nous a donné du matériel pour la Banque Nationale des Données Génétique. La France a été un exemple de solidarité dans le pire moment de l’histoire de l’Argentine. Vous vous êtes rendue en France en septembre dernier dans le cadre de la « Campagne sur l’identité ».</p>
<h6>Pensez-vous qu’il puisse y avoir en France des bébés appropriés illégalement ?</h6>
<p><strong>E.d.C. :</strong> Effectivement, je suis allée en France pour lancer la campagne du « réseau européen pour l’identité ». Nos petits-enfants sont aujourd’hui des adultes…Nous pensons qu’ils peuvent se trouver n’importe où sur cette Terre ! Certains vivaient d’ailleurs au Mexique, en Uruguay, au Paraguay, en Hollande et aux Etats-Unis lorsque nous les avons identifiés. Nous pensons qu’ils peuvent également se trouver en Espagne, en France, ou en Italie. Peut-être que certains d’entre eux ont des doutes sur leur identité qu’ils n’arrivent pas à résoudre. Nous sommes là pour les aider. Ils doivent savoir que leurs parents sont en fait leurs ravisseurs.</p>
<h6>Vous avez retrouvé la trace de votre petit-fils Guido le 5 août 2014, après 36 ans de recherches. Avait-il lui aussi des doutes sur son identité ?</h6>
<p><strong>E.d.C. :</strong> Quelques mois avant de se rendre au local des Grands-mères de la Place de Mai, quelqu’un lui a confié que ses parents n’étaient pas ses parents biologiques. Mon petit-fils a commencé à penser qu’il pouvait être l’enfant de disparus de la dictature. Puis il a réalisé une analyse de sang et ses doutes ont été confirmés. Il est musicien. Il a repris sa vie d’avant, dans son petit village. Et moi, de mon côté, je continue depuis Buenos Aires à chercher les 300 petits-enfants volés qui manquent encore à l’appel.</p>
<h6>Comment les Grands-mères aident-elles les petits-enfants récupérés à reconstruire leur histoire ?</h6>
<p><strong>E.d.C. :</strong> Toutes les personnes identifiées ne réagissent pas de la même manière. Certaines acceptent immédiatement la nouvelle, alors que d’autres mettent plusieurs années. Les Grands-mères doivent redoubler de patience et accompagner les petits-enfants dans ce processus complexe : introduire une nouvelle vie dans une vie existante n’est pas une chose facile. Une équipe de psychologues travaillent également avec eux et les guident. Les petits- enfants se rencontrent régulièrement entre eux pour se soutenir. Les Grands-mères sont aujourd’hui âgées. Demain, ce sont eux, les jeunes, qui prendront le relais de ce long combat pour la vérité et la justice.</p>
<p><a href="/wp-content/uploads/2016/02/Casa-por-la-identidad-abuelas.jpg"><img class="aligncenter wp-image-129361 size-large" src="/wp-content/uploads/2016/02/Casa-por-la-identidad-abuelas-1024x768.jpg" alt="Casa por la identidad abuelas" width="1024" height="768" /></a></p>
<p>Photo de Une : Au siège des Grands-Mères de la Place de Mai à Buenos Aires, Estela de Carlotto, présidente de l’association, se tient devant les visages des disparus de la dictature argentine.  Crédit : Louise Michel d’Annoville</p>
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		<title>Argentine : les terres des Mapuches, nouveaux Eldorados des géants pétroliers</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Dec 2015 09:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Louise Michel D'Annoville]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[RESPONSABILITÉ SOCIALE DES ENTREPRISES]]></category>
		<category><![CDATA[Argentine]]></category>
		<category><![CDATA[droit des peu]]></category>
		<category><![CDATA[énergie fossile]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>En Argentine, la Patagonie est devenue le nouvel Eldorado des multinationales pétrolières. Les populations locales des Indiens Mapuches poursuivent leur mobilisation pour défendre leurs droits ancestraux sur leur terres, notamment autour de l’immense gisement de Vaca Muerta, convoité par la multinationale Chevron. Les Prix Pinocchio Pour ses projets autour du gisement de « Vaca Muerta », Chevron est nominée [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p class="GreyBG">En Argentine, la Patagonie est devenue le nouvel Eldorado des multinationales pétrolières. Les populations locales des Indiens Mapuches poursuivent leur mobilisation pour défendre leurs droits ancestraux sur leur terres, notamment autour de l’immense gisement de <em>Vaca Muerta</em>, convoité par la multinationale Chevron.</p>
<p class="rightGreyBG"><span class="BoldBlack">Les Prix Pinocchio</span><br />
Pour ses projets autour du gisement de « Vaca Muerta », Chevron est nominée aux <a href="http://www.prix-pinocchio.org/" target="_blank">Prix Pinocchio du Climat</a> 2015. Organisés par les Amis de la Terre France, en partenariat avec le CRID et Peuples Solidaires-Action Aid France et Corporate Europe Observatory, ils ont pour but d’illustrer et de dénoncer les impacts négatifs des entreprises multinationales et spécialement celles qui se blanchissent avec un discours « vert ».</p>
<p>La Cour Suprême argentine a ordonné au gouvernement, le 10 novembre dernier, de révéler les clauses de l’accord entre son groupe pétrolier YPF et la compagnie américaine Chevron, jusqu’ici secrètes. Cet accord signé en juillet 2013, concerne l’extraction de pétrole et de gaz de schiste sur l’immense gisement de « Vaca Muerta » en Patagonie. Politiques, territoriaux, environnementaux et sanitaires…les effets collatéraux de l’extraction d’hydrocarbures sont nombreux et parfois irréversibles dans cette zone peuplée par les Indiens Mapuches. Chassées de leur territoire, les populations locales poursuivent leur mobilisation pour défendre leurs droits ancestraux et leurs terres devenues les nouveaux Eldorados des multinationales pétrolières.</p>
<p>Dans la province de Neuquèn en Argentine, le peuple Mapuche – « peuple de la Terre » &#8211; se mobilise contre l&rsquo;exploitation du gaz et du pétrole de schiste – Photo DR Confédération Mapuche de Neuquèn</p>
<p>En septembre 2014, la présidente argentine Cristina Kirchner l’affirmait : <em>« l’Argentine est la nouvelle Arabie </em>Saoudite » pour ses ressources en gaz et en pétrole, faisant ainsi référence à l’immense gisement de Vaca Muerta – « la vache morte » en français – situé en Patagonie argentine, entre les provinces de Neuquèn, Río Negro et Mendoza.</p>
<div id="attachment_82319" class="wp-caption aligncenter"><a href="/wp-content/uploads/2015/11/Vaca-Muerta-Photo-DR-Martin-Barzilai.jpg"><img class="size-full wp-image-82319" src="/wp-content/uploads/2015/11/Vaca-Muerta-Photo-DR-Martin-Barzilai.jpg" alt="Vaca Muerta. Crédit : Martin Barzilai" width="1024" height="683" /></a><div class="wp-caption-text">Vaca Muerta. Crédit : Martin Barzilai</div></div>
<h6>« Vaca Muerta » : la ruée vers l’or noir argentin ?</h6>
<p>Découvert en 2010, le gisement de Vaca Muerta est la plus importante réserve d’hydrocarbures non conventionnels hors de l’Amérique du Nord. Formé de roche et d’argile, le site s’étend sur 30 000 km2, au cœur du territoire des Indiens Mapuches – « Peuple de la Terre » &#8211;  où plus de 25 communautés cohabitent, parfois depuis des décennies, parfois depuis des siècles.</p>
<p>En juillet 2013, un accord entre le groupe pétrolier argentin YPF – nationalisé en 2012 &#8211; et Chevron a permis au géant américain de bénéficier de la partie <em>« la plus riche et la plus fructueuse du gisement »</em> commente Alejandro Rebossio, journaliste argentin, co-auteur de l’ouvrage <em>Vaca Muerta</em>, qui souligne l’important essor économique pour la région et l’ensemble du pays, mais aussi les lourdes conséquences environnementales et problématiques territoriales.</p>
<div id="attachment_82317" class="wp-caption aligncenter"><a href="/wp-content/uploads/2015/11/DR-Confederacion-Mapuche-de-Neuquen.jpg"><img class="size-full wp-image-82317" src="/wp-content/uploads/2015/11/DR-Confederacion-Mapuche-de-Neuquen.jpg" alt="Crédit : Confederacion Mapuche de Neuquen" width="960" height="638" /></a><div class="wp-caption-text">Crédit : Confederacion Mapuche de Neuquen</div></div>
<h6>« Une violation du droit de consultation préalable »</h6>
<p>En occupant ces terres, Chevron, comme les autres compagnies pétrolières sur place, « <em>violent le droit de consultation libre et préalable »</em> des Indiens Mapuches explique Diego di Risio, membre de l’<a href="http://www.opsur.org.ar/blog/" target="_blank">OPSur</a>, l&rsquo;<em>Observatoire</em> des hydrocarbures du Sud en <em>Argentine</em>.</p>
<p>Pour extraire ce pétrole et ce gaz logés dans la « roche mère», situés entre trois à cinq milles mètres sous la terre, il faut « fracturer la roche » grâce à un tuyau qui injecte à haute pression de grande quantité d’eau, mais aussi des produits chimiques très polluants. L’impact écologique de cette technique est alarmant : contamination de l’air, de la terre, de l’eau, émission de gaz à effet de serre, augmentation des déchets pétroliers, destruction des zones de pâturage&#8230; Sur le plan sanitaire,  une augmentation des cas de cancers a été enregistrée dans la région ainsi que des impacts sur la santé sociale et psychologique des populations<em>.</em></p>
<div id="attachment_82320" class="wp-caption aligncenter"><a href="/wp-content/uploads/2015/11/Village-Añelo-situé-près-de-Vaca-Muerta-DR-Martín-Barzilai.jpg"><img class="size-full wp-image-82320" src="/wp-content/uploads/2015/11/Village-Añelo-situé-près-de-Vaca-Muerta-DR-Martín-Barzilai.jpg" alt="Suite a la découverte de réserve de pétrole et de gaz de schiste dans la région de Vaca Muerta, le village d'Aelo est en pleine transformation. Sur le plateau, non loin des puits de pétroles et de gaz de schiste non conventionnels, se construit le nouveau quartier d'Aelo." width="1064" height="708" /></a><div class="wp-caption-text">Suite a la découverte de réserve de pétrole et de gaz de schiste dans la région de Vaca Muerta, le village d&rsquo;A?elo est en pleine transformation. Sur le plateau, non loin des puits de pétroles et de gaz de schiste non conventionnels, se construit le nouveau quartier d&rsquo;Aelo.</div></div>
<p>Bien qu’opposés à cette technique du « fracking », il arrive que certains Mapuches travaillent dans les puits de pétrole à Vaca Muerta. Une manière de « contrôler » l’exploitation : <em>« ils prennent des photos, s’assurent que les normes environnementales et de sécurité sont respectées. Ils se considèrent en quelque sorte comme des agents doubles »</em> précise le journaliste argentin Alejandro Rebossio.</p>
<p>Cette ruée vers l’or noir dans la région a dégradé la qualité de vie des habitants estime Lefxaru Nawel, membre de la Confédération Mapuche de Neuquèn <em>: « Jusqu’ici, il n’y avait aucun contrôle de l’activité des compagnies pétrolières. Le gouvernement a ouvert les portes aux multinationales pour piller nos terres. Ils récupèrent les bénéfices et nous laissent des territoires détruits et contaminés», </em>signale-t-il. En 2009, Cristina Lincopan, chef de la communauté mapuche Gelay Ko avait lancé l’alerte sur les risques de la fracturation hydraulique avant de décéder, quatre ans plus tard, d’une hypertension pulmonaire, liée à la contamination de la zone. Elle était âgée de 30 ans.  <em>« Elle est devenue l’emblème de notre lutte »</em> raconte Lefxaru Nawel.</p>
<h6>« Nous sommes habitués à ce genre d’injustice »</h6>
<p>Aujourd’hui, le combat du peuple Mapuche contre le « fracking » se poursuit  malgré les pressions des compagnies pétrolières et du gouvernement.  Communautés indigènes, organisations sociales et syndicats se mobilisent en occupant des puits de pétrole sur le site YPF-Chevron, en menant des campagnes de sensibilisation et des manifestations parfois sévèrement réprimées. Du 26 octobre au 5 novembre dernier, le premier procès  interculturel s’est tenu à Neuquèn: une action en justice historique  impliquant trois dirigeants Mapuches qui avaient tenté de défendre leurs terres contre le groupe pétrolier américain Apache Corporation. <em>« Nous sommes habitués à ce genre d’injustice…Ici, à Neuquèn, lors des procès, les propos racistes contre le peuple Mapuche sont monnaie courante »,</em> poursuit Lefxaru Nawel.</p>
<h6>Défense des droits ancestraux</h6>
<p>Dès la semaine prochaine, de nouveaux procès s’ouvriront contre d’autres membres des communautés accusés de violation de propriété privée à Vaca Muerta. <em>« Nous nous battons seulement pour défendre nos terres, nos droits ancestraux, notre langue, et notre « cosmovision » mapuche »</em> martèle Lefxaru Nawel. <em>« Nous voulons surtout pouvoir choisir notre manière de vivre. Oui, nous voulons ‘vivre bien’ ! </em>Et de préciser :<em> « en langue mapudungun, cela se dit  </em>küme felen <em>».</em></p>
<div id="attachment_82316" class="wp-caption aligncenter"><a href="/wp-content/uploads/2015/11/DR-Confederacion-Mapuche-de-Neuquen-2.jpg"><img class="size-full wp-image-82316" src="/wp-content/uploads/2015/11/DR-Confederacion-Mapuche-de-Neuquen-2.jpg" alt="Crédit : Confederacion Mapuche de Neuquen" width="960" height="604" /></a><div class="wp-caption-text">Crédit : Confederacion Mapuche de Neuquen</div></div>
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		<title>En Argentine, la mémoire dans les urnes </title>
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		<pubDate>Sat, 21 Nov 2015 23:57:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Louise Michel D'Annoville]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[SOCIETE CIVILE]]></category>
		<category><![CDATA[Argentine]]></category>
		<category><![CDATA[dictature]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>A quelques jours du deuxième tour de l’élection présidentielle en Argentine qui se tient ce dimanche 22 novembre, plusieurs organisations des droits de l’homme, dont les Mères et les Grands-mères de la Place de Mai, ont appelé la population à mettre la « mémoire dans les urnes ». Les Argentins sont appelés aux urnes ce dimanche 22 novembre pour [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p class="GreyBG">A quelques jours du deuxième tour de l’élection présidentielle en Argentine qui se tient ce dimanche 22 novembre, plusieurs organisations des droits de l’homme, dont les Mères et les Grands-mères de la Place de Mai, ont appelé la population à mettre la « mémoire dans les urnes ».</p>

<p>Les Argentins sont appelés aux urnes ce dimanche 22 novembre pour le deuxième tour de l’élection présidentielle qui oppose Daniel Scioli, le candidat du Front pour la victoire (FPV) et dauphin de la présidente sortante Cristina Kirchner, à Mauricio Macri (PRO), l’actuel maire de Buenos Aires. Dans un pays encore traumatisé par le souvenir de la dictature militaire (1976-1983), la victoire du candidat Mauricio Macri (PRO) constituerait pour les organisations de défense des droits humaine un retour en arrière dans le processus de mémoire, vérité et justice du pays.</p>
<h6>« Une responsabilité historique »</h6>
<p>Quarante ans après le dernier coup d’Etat militaire, plusieurs organisations de défense des droits humains appellent la population à faire le choix de la mémoire pour ce scrutin. C’est le cas des Mères et les Grands-mères de la Place de Mai qui se battent pour rendre justice à leurs proches disparus pendant la dictature et retrouver la trace des 500 bébés volés et appropriés illégalement par les militaires et leurs complices. <em>« Dimanche, nous avons la responsabilité historique de choisir entre deux projets: celui de l’exclusion ou celui de l’inclusion »</em> ont-elles affirmé conjointement à deux autres organisations, H.I.J.O.S et « Familiares », dans un communiqué de presse diffusé mercredi 18 septembre. <em>« Dans ce projet d’inclusion, nous voulons poursuivre les procès contre les génocidaires, retrouver les corps de nos proches, et la restitution des 400 petits-enfants qui ne connaissent toujours pas leur véritable identité »</em> ont-elles rappelé tout en invitant les électeurs à voter pour le candidat Daniel Scioli. Arrivé de justesse devant son opposant au premier tour du scrutin, le 25 octobre dernier, Daniel Scioli a rappelé pendant la campagne électorale l’importance de poursuivre les politiques en matière de justice et de droits humains : <em>« Pour chaque personne qui niera le passé, les Grands-mères retrouveront un autre petit-enfant »</em> a-t-il affirmé faisant ainsi référence au combat des Grands-mères de la Place de Mai.</p>
<h6>L’ère Kirchner marquée par sa politique des droits de l’homme</h6>
<p>Pour la plupart des organisations des droits de l’homme proches du gouvernement, la victoire du candidat Maurico Macri signerait l’arrêt des procès contre les criminels de la dictature et plus généralement la fin de la politique des droits de l’homme pour la « mémoire, justice et vérité » incarnée par le couple Kirchner depuis douze ans. Elu en 2003, l’ancien président Nestor Kirchner a placé la lutte contre l’impunité au cœur de son programme. Peu après son accession au pouvoir, le Parlement a voté l’abolition des lois d’amnistie contre les tortionnaires de la dictature &#8211; les lois du « Point final » et celle du « Devoir d&rsquo;obéissance » &#8211; qui ont ensuite été rendues inconstitutionnelles par la Cour Suprême. Le 24 mars 2004, Nestor Kirchner avait fait décrocher les portraits des dictateurs Jorge Videla et Reynaldo Benito Bignone du Collège militaire, un symbole fort encore gravé dans les mémoires. Ce combat pour les droits de l’homme a également été le cheval de bataille de son épouse Cristina Kirchner &#8211; élue à la tête de l’Etat en 2011 – qui durant ses deux mandats a soutenu la lutte des Mères, des Grands-mères de la Place de Mai mais aussi de l’organisation politique H.I.J.O.S, « enfants » en espagnol et abréviation « d’Enfants pour l’identité et la justice et contre l’oubli et le silence ». Les membres s’activent depuis 1995 pour conserver la mémoire de leurs parents, frères et soeurs disparus et condamner socialement les bourreaux de la dictature encore en liberté en se rendant jusqu’à leur domicile selon la technique de l’« escrache ».</p>
<h6>Le lourd héritage de la dictature en Argentine</h6>
<p>En Argentine, les traces de la dictature sont encore omniprésentes dans la société. Des procès contre les répresseurs sont en cours et des milliers de familles cherchent désespérément les corps de leurs proches faisant partie de la longue liste des 30 000 desaparecidos, grâce à l’aide de l’équipe argentine d&rsquo;anthropologie médico-légale. Après 38 ans de recherches, les Grands-mères ont quant à elles réussi à retrouver la trace de 118 petits-enfants kidnappés et poursuivent aujourd’hui leur travail pour identifier ceux qui manquent à l’appel.</p>
<p><img class="aligncenter wp-image-86396 size-full" src="/wp-content/uploads/2015/11/Manifestation-elections-Argentine-2-e1448146279248.jpg" alt="Manifestation de l’organisation H.I.J.O.S contre les criminels de la dictature, en mai 2015 à Buenos Aires" width="1200" height="900" /></p>
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