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	<title>Altermondes &#187; Résultats de recherche  &#187;  semencesAltermondes</title>
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		<title>Quand les semences industrielles envahissent le Sud</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Mar 2016 14:11:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Viviani]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[DÉVELOPPEMENT DURABLE]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture paysanne]]></category>
		<category><![CDATA[multinationale]]></category>
		<category><![CDATA[relation nord sud]]></category>
		<category><![CDATA[semence]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Le lobby des semences industrielles est en marche et inquiète grandement les paysans du Sud. Aujourd’hui, les multinationales des graines ne se contentent plus d’installer leur monopole par le biais commercial : elles incitent désormais les gouvernements du Sud à changer leurs réglementations. Au grand dam des paysans locaux. Producteurs de 70% des matières premières alimentaires mondiales, [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p class="GreyBG">Le lobby des semences industrielles est en marche et inquiète grandement les paysans du Sud. Aujourd’hui, les multinationales des graines ne se contentent plus d’installer leur monopole par le biais commercial : elles incitent désormais les gouvernements du Sud à changer leurs réglementations. Au grand dam des paysans locaux.</p>
<p>Producteurs de 70% des matières premières alimentaires mondiales, nombre d&rsquo;agriculteurs du Sud perpétuent un modèle agricole durable, basé notamment sur l’utilisation des semences paysannes. « <em>Ces graines sont issues de plusieurs décennies, voire de siècles, de sélection</em>, explique <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Dufumier" target="_blank">Marc Dufumier</a>, agronome et enseignant-chercheur. <em>Cette sélection se base sur un critère majeur, qu’est l’adaptation à l’environnement local </em>». <span style="line-height: 1.5;">Libres de droit, réutilisables et échangeables, ces semences sont aussi d’une grande diversité génétique, ce qui les rend adaptables aux changements climatiques actuels.</span></p>
<h6>Le fléau des semences industrielles</h6>
<p><span style="line-height: 1.5;">Aujourd’hui, les semences paysannes sont menacées par l&rsquo;avancée des semences industrielles. Les multinationales  qui commercialisent ces graines n&rsquo;hésitent pas à utiliser tous les leviers pour installer leur monopole au Sud : actions commerciales mais aussi lobby auprès des gouvernement afin d&rsquo;obtenir des réglementations favorables. L’Organisation mondiale du commerce (</span><a style="line-height: 1.5;" href="https://www.wto.org/french/thewto_f/whatis_f/whatis_f.htm" target="_blank">OMC</a><span style="line-height: 1.5;">) oblige ses pays membres à adopter une loi sur la protection des variétés végétales nouvelles (POV, protection des obtentions végétales).</span></p>
<p class="rightGreyBG">Retrouvez une <a href="/?s=semences" target="_blank">sélection d&rsquo;articles</a> sur les semences paysannes.</p>
<p><span style="line-height: 1.5;">Obéissant aux règles de la propriété intellectuelle, cette loi POV a pour fonction de protéger les droits des obtenteurs de semences, paysans comme industriels. Ce dispositif a au moins la vertu de fixer des règles dans le cadre de l’action publique des États. Mais étant donné que son application est laissée à l’appréciation de ces derniers et vu la capacité d’influence des lobbies industriels, le risque de voir voter des lois en défaveur des paysans locaux n’est plus à écarter. C&rsquo;est ce que dénonce notamment Agronomes et vétérinaires sans frontières (AVSF) : </span></p>
<blockquote><p><span style="line-height: 1.5;">« </span><em style="line-height: 1.5;">Aux yeux de la loi, les paysans qui continueraient à utiliser des semences paysannes pourraient être purement et simplement considérés comme des délinquants. Selon les pays, les peines encourues seraient plus ou moins lourdes. Mais le vrai danger relève surtout de la paupérisation annoncée des communautés paysannes déjà vulnérabilisées, de l’insécurité alimentaire généralisée et de la réduction du patrimoine génétique de notre planète.</em><span style="line-height: 1.5;"> »</span></p></blockquote>
<div id="attachment_132079" class="wp-caption aligncenter"><a href="/wp-content/uploads/2016/03/Grains-mais-blancs-et-jaunes-au-Togo.jpg"><img class="wp-image-132079 size-large" src="/wp-content/uploads/2016/03/Grains-mais-blancs-et-jaunes-au-Togo-1024x768.jpg" alt="Grains maïs blancs et jaunes au Togo" width="1024" height="768" /></a><div class="wp-caption-text">Grains de maïs blancs et jaunes au Togo &#8211; crédit : AVSF</div></div>
<h6><span style="line-height: 1.5;">Des accords de libre-échange en défaveur des semences paysannes</span></h6>
<p><span style="line-height: 1.5;">A l&rsquo;échelle internationale, la signature d’accords de libre-échange (ALE) représente un autre risque pour les semences paysannes. Depuis la fin des années 90, les États-Unis et l’Europe cherchent à faire passer des accords de libre-échange bilatéraux en Afrique, un des continents où les graines naturelles sont les plus utilisées. Le but de ces négociations est clair : obtenir le maximum d’atouts commerciaux pour les entreprises américaines et européennes. « </span><em style="line-height: 1.5;">Une fois ratifiés, ces accords permettront une augmentation des importations de semences, entraîneront également une réduction des activités de sélection végétale au niveau national</em><span style="line-height: 1.5;">, redoute l’ONG.</span><em style="line-height: 1.5;"> Ils faciliteront la monopolisation des systèmes semenciers locaux par les entreprises étrangères et perturberont les systèmes agricoles traditionnels dont dépendent pour leurs survies des millions de paysans africains. </em><span style="line-height: 1.5;">»</span></p>
<p>Autant de raisons pour lesquelles AVSF a lancé une nouvelle campagne de sensibilisation baptisée <a href="http://libertepourlespaysans.org/" target="_blank"><em>Non, au monopole des semences industrielles dans les pays du Sud</em></a>.</p>
<p><iframe src="http://libertepourlespaysans.org/" width="640" height="350"> </iframe></p>
<p class="BleuBorder"><strong>L&rsquo;illusion de rentabilité des semences industrielles<br />
</strong><span style="line-height: 1.5;">Profitant de leurs difficultés économiques liées en partie à la spéculation sur les denrées alimentaires et les aléas climatiques (sécheresses, inondations, dérèglements des saisons), des multinationales tentent de monopoliser le marché des graines au Sud. </span><span style="line-height: 1.5;">Pris à la gorge financièrement, de nombreux agriculteurs se résolvent à acheter des semences génétiquement modifiées dans l’espoir d’obtenir un meilleur rendement. En effet, ces dernières résistent mieux aux insectes et contingences météorologiques, ce qui donne, à cours terme, des rendements encourageants. Mais les « désillusions » ne tardent pas à venir, comme le déplore Marc Dufumier : « <em>Après un certain temps, les déséquilibres écologiques liés à l’emploi d’engrais de synthèse et surtout de pesticides commencent à intervenir. Par exemple, lorsqu’un insecte résistant aux pesticides commence à proliférer. Pour rétablir ensuite l’écosystème, il va falloir encore plus de temps : c’est très difficile à réinverser. </em>»</span></p>
<p>Crédits photo de Une : F. Coat</p>
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		<title>Agrobusiness, la pollution comme solution ?</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Nov 2015 14:00:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin_altermondes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[CLIMAT]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture biologique]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture paysanne]]></category>
		<category><![CDATA[COP21]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie]]></category>
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		<category><![CDATA[réforme agraire]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>L’agriculture, pourtant responsable d’une partie importante des émissions de gaz à effet de serre, ne sera pas intégrée dans l’accord qui doit être conclu lors de la COP21, car le sujet est trop clivant. En dépit des résultats de l’agroécologie, l’industrie chimique promeut le concept d’agriculture climats-intelligente (ACI), avec son lot d’utilisations d’engrais et d’OGM, [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p class="GreyBG">L’agriculture, pourtant responsable d’une partie importante des émissions de gaz à effet de serre, ne sera pas intégrée dans l’accord qui doit être conclu lors de la COP21, car le sujet est trop clivant. En dépit des résultats de l’agroécologie, l’industrie chimique promeut le concept d’agriculture climats-intelligente (<a href="http://www.fao.org/climatechange/climatesmart/fr/" target="_blank">ACI</a>), avec son lot d’utilisations d’engrais et d’OGM, comme réponse au dérèglement climatique.</p>
<p>L’impact de l’agriculture sur le climat reste compliqué à estimer. Selon les périmètres, la production agricole contribuerait à 10 à 15% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), principalement en raison des rejets de méthane (digestion du bétail et stockage du fumier) et de protoxyde d’azote (production et épandage d’engrais). Mais avec le changement d’affectation des terres, les transports, la transformation, l’emballage, la gestion des déchets&#8230;, le système agro-alimentaire représenterait de 44 à 57 % des émissions mondiales, selon l’ONG Grain. Ce secteur n’a pourtant pas été intégré dans les négociations internationales sur le climat. « <em>C’est un sujet trop clivant pour les États, surtout pour ceux qui ont basé leurs économies sur les monocultures industrielles dédiées à l’exportation comme le Brésil ou les États-Unis</em> », explique Katia Roesch, d’Agronomes et vétérinaires sans frontières.</p>
<p>Le défi est pourtant de taille : Comment réduire l’impact de l’agriculture sur l’environnement, tout en assurant son adaptation au changement climatique et sa capacité à nourrir les communautés humaines ? Pour les organisations paysannes et de nombreuses ONG, seul un changement de modèle, combinant la disparition progressive des approches industrielles et le développement de l’agroécologie, serait à même de résoudre l’équation. Pourtant, les solutions qui se profilent, portées par l’agrobusiness au travers du concept d’agriculture climato-intelligente (ACI) semblent aller dans le sens inverse.</p>
<div id="attachment_87512" class="wp-caption aligncenter"><img class="wp-image-87512 size-full" src="/wp-content/uploads/2015/11/image004.jpg" alt="Au Rwanda, des femmes de la coopération Indatwailumurim récoltent des pommes de terre. © Greg Funelle / Actionaid" width="782" height="523" /><div class="wp-caption-text">Au Rwanda, des femmes de la coopération Indatwailumurim récoltent des pommes de terre. © Greg Funelle/Actionaid</div></div>
<h6>Un espace de négociations parallèle</h6>
<p>Le concept d’ACI a été lancé en 2010 par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (<a href="http://www.fao.org/home/fr/" target="_blank">FAO</a>). Il affiche un objectif consensuel : « <em>renforcer la capacité des systèmes agricoles de contribuer à la sécurité alimentaire, en intégrant le besoin d’adaptation et le potentiel d’atténuation dans les stratégies de développement de l’agriculture durable</em> ».</p>
<p>L’Alliance globale pour l’agriculture climato-intelligente (Gasca), créée en 2014 avec le soutien de l’industrie des engrais, l’a ensuite repris à son compte, attirant plus d’une vingtaine d’États membres grâce à un lobbying intense qui a réussi à créer un espace de négociations parallèles. « <em>Il y a désormais un véritable risque que des projets de l’agrobusiness soient financés par le Fonds vert pour le climat au travers du concept d’ACI. Ce serait une catastrophe</em> », précise Teresa Anderson, d’Action Aid. Au menu : développement des OGM, des pesticides, des engrais, ou des agrocarburants industriels. Avant tout, « <em>l’ACI sert aux entreprises privées pour verdir leurs actions et s’emparer de nouveaux marchés, notamment en Afrique ou en Asie</em> », estime Teresa Anderson. Car si 80 % des membres de l’Alliance sont issus du Nord, leurs projets sont essentiellement menés au Sud.</p>
<p>Début octobre, 355 organisations de la société civile dénonçaient l’absence de légitimité de l’Alliance et rejetaient le concept d’ACI, rappelant qu’elles soutenaient les petits paysans, qui représentent 90 % des agriculteurs et produisent 70 % de la nourriture sur moins du quart des terres agricoles. « <em>Le premier problème de l’ACI est qu’elle n’est volontairement pas définie. Il n’y a aucun critère environnemental ou social et cela ouvre la porte à tout et n’importe quoi</em> », estime Jeanne-Maureen Jorand du CCFD-Terre solidaire. Pour Teresa Anderson, l’utilisation d’engrais est l’exemple parfait d’une mauvaise solution : « <em>L’alliance veut nous persuader qu’en augmentant la productivité par hectare, avec des engrais, on peut diminuer l’intensité des rejets de GES. Mais cette solution va au contraire aggraver la situation, car ils ne prennent pas en compte les émissions liées à la production de l’azote, ni les rejets liés à l’épandage ou la destruction des sols. Au bout d’un moment, la matière organique meurt et il faut ajouter toujours plus d’engrais. C’est un désastre</em> ».</p>
<div id="attachment_87511" class="wp-caption aligncenter"><img class="wp-image-87511 size-full" src="/wp-content/uploads/2015/11/image003.jpg" alt="Membre de la Coalition des femmes fermières du Malawi, Jane Harawa cultive du maïs sur une parcelle communautaire. © Graeme Williams / Panos / Actionaid" width="783" height="525" /><div class="wp-caption-text">Membre de la Coalition des femmes fermières du Malawi, Jane Harawa cultive du maïs sur une parcelle communautaire. © Graeme Williams /Panos/Actionaid</div></div>
<h6> S’emparer de nouveaux marchés en Afrique ou en Asie</h6>
<p>Alors que les engrais sont un des premiers postes de rejets de GES (5), le problème est présenté comme une solution ! De plus, ces pratiques renforcent la dépendance et la vulnérabilité des paysans. « <em>En Afrique, l’agriculture familiale supporte deux-tiers des besoins alimentaires. Ce concept risque d’entrainer la privatisation des terres agricoles et le développement des OGM</em>, alerte Ali Abdou Bonguéré, coordinateur national d’Eder Niger, ONG membre du Réseau climat et développement. <em>La société civile africaine s’y oppose, cela entre en contradiction avec nos besoins, avec la sécurité alimentaire. Mieux vaut que cet accord ne mentionne même pas l’agriculture plutôt que ce concept d’agriculture climato-intelligente</em> ». En Tanzanie, Yara et Syngenta ont déjà lancé des projets pour montrer que l’augmentation des rendements, avec des engrais chimiques et des semences hybrides, réduit la nécessité de déboiser et évite des émissions de GES. Mais, comme ailleurs, les risques de dégradation de l’environnement et d’accaparement de terres et de ressources naturelles, ne sont pas pris en compte.</p>
<p>En orientant les débats sur les solutions techniques concernant la phase de production agricole, l’Alliance essaye également d’éviter un débat politique sur l’ensemble de la chaîne alimentaire, contrôlée par ses membres. C’est pourquoi les ONG tentent aujourd’hui de remplacer, dans les textes de la COP21, la nécessité d’augmenter la production alimentaire par celle d’assurer la sécurité et la souveraineté alimentaire.</p>
<p class="BleuBorder"><strong>Pour Peggy Pascal de l&rsquo;ONG Action contre la Faim (ACF), « L’agroécologie est une solution efficiente ». Témoignage.<br />
</strong><img class=" size-full wp-image-87516 alignleft" src="/wp-content/uploads/2015/11/Peggy-Pascal-1-e1448367805915.jpg" alt="Peggy-Pascal (1)" width="129" height="142" />« <em>2,5 milliards de personnes souffrent de malnutrition et 795 millions de la faim. Pourtant, nous produisons aujourd’hui de quoi nourrir 12 milliards d’individus. La moitié de cette production est gaspillée, perdue ou destinée à l’alimentation animale. Triste paradoxe, trois quarts des personnes mal-nourries sont des petits agriculteurs, ceux-là même qui nourrissent l’humanité. Et nous compterons 600 millions d’affamés supplémentaires en 2080 si nous continuons à émettre des gaz à effet de serre (GES) au même rythme qu’aujourd’hui. Très vulnérable aux évolutions du climat, le secteur agricole est aussi à l’origine du quart des émissions mondiales de GES – du moins une partie. Deux modèles distincts d’agriculture s’affrontent actuellement : l’agriculture industrielle promue par les industries agroalimentaires et agriculture durable et l’agro-écologie, centrés sur les petits producteurs et les communautés rurales. Le modèle agricole industriel repose sur l’usage intensif des intrants de synthèse et l’utilisation de semences hybrides et/ou transgéniques. Il occupe 70 à 80 % de la surface arable et consomme 70 % des ressources en eau, mais ne fournit qu’un tiers de la production alimentaire mondiale totale, principalement des céréales pauvres en protéines et en nutriments. Au cours des quarante dernières années, l’utilisation de fertilisants chimiques a été multipliée par huit alors que la productivité des céréales n’a pas même doublé. Et le problème des carences alimentaires ne sera résolu que si l’on investit dans des cultures contenant des nutriments. Les principes de l’agroécologie (surfaces réduites, main d’oeuvre familiale, approvisionnement des marchés locaux et liens forts avec les territoires) privilégient une gestion durable et optimisée des ressources et une production diversifiée. Ce modèle productif, efficace, résilient et durable répond aux enjeux d’adaptation et d’atténuation des émissions de GES. En dépit de son image d’agriculture dépassée, l’agro-écologie est économiquement et écologiquement efficiente, et apporte une vraie réponse à la question de la faim.</em> » &#8211; <strong>Propos recueillis par Louise Bartlett</strong></p>
<h6>Poursuivez l&rsquo;exploration de notre dossier climat spécial COP21</h6>
<p><img class="alwaysThinglink" style="max-width: 100%;" src="//cdn.thinglink.me/api/image/725736533885190145/1024/10/scaletowidth#tl-725736533885190145;1043138249'" alt="" /><script src="//cdn.thinglink.me/jse/embed.js" async="" charset="utf-8"></script></p>
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		<title>Transition agroécologique : travailler moins pour vivre mieux</title>
		<link>https://altermondes.org/transition-agroecologique-travailler-moins-pour-vivre-mieux/</link>
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		<pubDate>Tue, 24 Nov 2015 14:00:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin_altermondes]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Brésil]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Dans le biôme semi-aride du Nordeste brésilien, qui couvre neuf États de cet immense pays, l’ONG de soutien à l’agriculture familiale AS-PTA accompagne la mise en place de pratiques agroécologiques, auprès d’un vaste réseau de petits producteurs. Reportage. Solânea, dans l’état de Paraíba au Brésil. « Ici, c’est le paradis ». « Seu » (« M’sieur ») Nivaldo déambule entre les [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p class="GreyBG">Dans le biôme semi-aride du Nordeste brésilien, qui couvre neuf États de cet immense pays, l’ONG de soutien à l’agriculture familiale <a href="http://aspta.org.br" target="_blank">AS-PTA</a> accompagne la mise en place de pratiques agroécologiques, auprès d’un vaste réseau de petits producteurs. Reportage.</p>
<p>Solânea, dans l’état de Paraíba au Brésil. « <em>Ici, c’est le paradis</em> ». « <em>Seu</em> » (« M’sieur ») Nivaldo déambule entre les pieds de tomate, de maïs et de laitue qui poussent dans sa cour à Areial, hameau de l’arrière-pays semi-aride de l’État de Paraíba, dans le Nordeste déshérité du Brésil. Sa conversion à l’agroécologie a changé la vie de ce jovial paysan d’une cinquantaine d’années. « <em>Aujourd’hui, je travaille moins et je vis mieux qu’avant</em>. » Les restes de cultures qu’il brûlait autrefois, « Niva » s’en sert désormais pour fertiliser les sols, et il n’emploie plus que des semences et des pesticides naturels. Sans intrants chimiques, ses coûts ont baissé et il pollue moins. Sa production a augmenté aussi, grâce aux réserves d’eau de sa citerne.</p>
<h6>Petite histoire de l&rsquo;agroécologie dans le Paraíba</h6>
<p>C’est en 1993 que l’agroécologie a pris pied dans cette région du Paraíba, grâce à l’ASPTA, une ONG de soutien à l’agriculture familiale. Plus de 8 000 familles, soit 42 % de la population des quatorze communes concernées par le projet – qui bénéficie du soutien financier de l’Union européenne –, ont déjà adhéré à ces bonnes pratiques, même si beaucoup sont encore « en transition ». De la production à la commercialisation, de la sécurité alimentaire à la lutte contre le machisme, tous les aspects du développement rural « durable » sont traités. L’AS-PTA, explique une de ses chevilles ouvrières, Luciano Marçal da Silveira, s’appuie sur un réseau de syndicats agricoles qui s’est imposé, selon lui, en interlocuteur capable de peser sur les politiques publiques. Ce tissu social organisé a également mis sur pied des structures collectives de gestion, tels les réseaux de pépinières pour replanter la végétation défrichée ou encore, les banques communautaires de semences. Ces stocks de graines sont redistribués, au nom de la solidarité. Ils permettent également de produire toute l’année. Car une partie du plateau semi-aride (qui traverse les neuf états du Nordeste et compte un million et demi de familles paysannes) dispose désormais de citernes, installées par le gouvernement, pour stocker l’eau de pluie et mieux résister ainsi à la saison sèche. Dans la foulée, ces provisions libèrent les gens de la tutelle du coronel, le notable local, qui exigeait leur bon vote en échange d’un sac de semences ou de quelques litres d’eau.</p>
<div id="attachment_87477" class="wp-caption aligncenter"><img class="wp-image-87477 size-large" src="/wp-content/uploads/2015/11/page-52-53-bresil-JC-Gerez-1024x681.jpg" alt="" width="1024" height="681" /><div class="wp-caption-text">L&rsquo;AS-PTA a aidé les agriculteurs à produire et à commercialiser leurs fruits et légumes. De quoi améliorer leur niveau de vie.</div></div>
<h6>«<em> Ces savoirs, cette intelligence populaire, sont méprisés par l’assistance agronomique officielle </em>»</h6>
<p>Les syndicats organisent par ailleurs des ateliers où les agriculteurs échangent leurs expériences. « <em>Ces savoirs, cette intelligence populaire, sont méprisés par l’assistance agronomique officielle</em>, regrette la syndicaliste Roselita Vitor Albuquerque. <em>Pour nous, ils sont des facteurs d’innovation</em> »<em>. </em>Marco Sandro y a découvert le biofertilisant. « <em>J’en ai même donné à mon voisin qui, du coup, a arrêté les engrais chimiques</em> », dit le jeune homme, pas peu fier. Avec sept bouches à nourrir, sa mère a dû, comme beaucoup ici, recourir à la <em>Bolsa Família </em>(« bourse familiale »), l’allocation mensuelle versée à plus de 14 millions de foyers pauvres. Mais l’agroécologie a amélioré les rendements, assure Marco Sandro. La diversification des cultures et l’expansion du petit élevage ont fait reculer la malnutrition dans la région. Ce bilan doit aussi aux politiques publiques que le vibrant tissu associatif brésilien a insufflées au Parti des travailleurs (PT), à la tête du pays depuis 2003. « <em>L’accès à l’eau potable, grâce à la distribution des citernes, ainsi que la hausse substantielle du crédit à l’agriculture familiale, ont réduit la mortalité des enfants et dopé la production, avec un impact direct sur la diète et les revenus des familles</em> », explique encore Silveira. D’autant que l’État leur rachète désormais la récolte, au prix du marché et avec une prime de 30 % pour la production agroécologique. « <em>On ne dépend plus des intermédiaires qui nous payaient une bouchée de pain</em> », se félicite « Seu » João, un paysan heureux de voir que « <em>les oiseaux reviennent</em> », depuis qu’il a banni les pesticides et reboisé sa propriété.</p>
<div id="attachment_87457" class="wp-caption aligncenter"><img class="wp-image-87457 size-large" src="/wp-content/uploads/2015/11/Reservoirs-en-ciment-au-Bresil-JC-Gerez-1024x681.jpg" alt="Reservoirs en ciment au Bresil - JC Gerez" width="1024" height="681" /><div class="wp-caption-text">Les réservoirs en ciment (16 m3) du programme &laquo;&nbsp;un million de citernes&nbsp;&raquo; permettent aux populations de rester sur leurs terres en période de sécheresse.</div></div>
<h6>L&rsquo;agroéclogie au défi de la réforme agraire du pays</h6>
<p>Plus de la moitié de la végétation locale aurait déjà été replantée, notamment grâce aux jeunes qui recueillent les semences traditionnelles. « <em>On distribue les plants dans les communes où les espèces avaient disparu</em>, raconte Adaílma, une jeune de Solânea, à une centaine de kilomètres d’Areial. <em>On fait prendre conscience aux gens de l’importance des arbres, tout en se faisant des amis</em> ». Adaílma veut devenir technicienne agricole. Son avenir, elle ne l’imagine pas ailleurs qu’ici. Pourtant, l’exode rural des jeunes se poursuit, reconnaît Luciano Marçal da Silveira : « <em>La plupart des propriétés de la région sont trop petites pour assurer leur survie. Cette exiguïté explique aussi le défrichement. L’essor de l’agroécologie se heurte donc au défi de la réforme agraire</em> », le grand échec du PT. Au Brésil, où la concentration de la terre est l’une des plus fortes au monde, moins de 2 % des propriétés occupent la moitié de l’espace rural. Autre défi de taille, selon Silveira : « <em>L’expansion, à travers tout le pays et avec le soutien de l’État, de l’agrobusiness exportateur, qui chasse les petits agriculteurs de leurs terres</em> ».</p>
<p><strong>Photographies de Jean-Claude Gerez</strong></p>
<h6>Poursuivez l&rsquo;exploration de notre dossier climat spécial COP21</h6>
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		<title>Rwanda : des journalistes médiateurs</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Oct 2015 09:00:00 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<p>Dans les collines rwandaises, des débats communautaires radiodiffusés, organisés par une équipe de journalistes, permettent aux autorités locales et aux citoyens de dialoguer. Pour le plus grand bien de leurs communautés et souvent de tous les Rwandais. Un reportage de Syfia International. Les enfants sont déjà là. Nombreux, si nombreux dans ce village du Rwanda situé à une centaine [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p class="GreyBG">Dans les collines rwandaises, des débats communautaires radiodiffusés, organisés par une équipe de journalistes, permettent aux autorités locales et aux citoyens de dialoguer. Pour le plus grand bien de leurs communautés et souvent de tous les Rwandais. Un reportage de <a href="http://www.syfia.com/" target="_blank">Syfia International</a>.</p>
<p><a href="http://www.syfia.com/"><img class="alignright size-full wp-image-73989" src="/wp-content/uploads/2015/10/syfia.international1.png" alt="syfia international" width="280" height="100" /></a>Les enfants sont déjà là. Nombreux, si nombreux dans ce village du Rwanda situé à une centaine de kilomètres au nord de Kigali, niché à plus de 2000 m d&rsquo;altitude au milieu de verdoyantes cultures en terrasses. A peine sortis de l&rsquo;école, leur cahier et leur stylo à la main, ils entourent très excités, un technicien qui installe une sono. Des adultes se tiennent en réserve sur les talus qui encadrent, comme dans un stade, le modeste terrain de foot qui va accueillir l&rsquo;événement annoncé depuis deux semaines. Car c&rsquo;est bien à un événement inédit que la population de Kisaro, district de Rulindo, est conviée ce vendredi de fin septembre. Une équipe de journalistes de la capitale rwandaise vient y animer un « débat communautaire » entre les habitants et les autorités locales-le secrétaire exécutif chargé de l’administration et de la gestion du secteur (entité administrative qui regroupe au moins 10 000 habitants) et ceux qui l&rsquo;entourent. Le secteur de Kisaro compte lui quelque 20 000 habitants, la plupart agriculteurs. Les villageois vont pouvoir exposer leurs problèmes et interpeller leur chef. Mieux, ils seront entendus aussi par le gouvernement qui va suivre de près ce débat intégralement diffusé par Radio Flash, une station bien connue, et écoutée dans la plus grande partie du pays.</p>
<h6>Rompre le silence</h6>
<p>Au pays des mille collines où la peur des autorités est omniprésente, le silence est d&rsquo;or. Les gens se gardent bien de dire ce qu&rsquo;ils pensent, surtout en public. Ils craignent toujours les représailles des autorités locales toutes puissantes depuis la décentralisation en 2000. Prendront-ils la parole aujourd&rsquo;hui pour cet exercice de démocratie directe qui permet, pour la première fois, au responsable du secteur et aux habitants de s&rsquo;exprimer face à face. C&rsquo;est le pari de Pax Press, une agence de presse rwandaise très innovante, qui mène depuis deux ans de tels débats dans toutes les régions du Rwanda grâce à un financement de l&rsquo;Union européenne. Les journalistes y jouent là leur rôle premier de médiateurs en favorisant le dialogue entre les différents groupes. Il est presque 13 heures, heure prévue de lancement du débat. Première bonne surprise : des danseuses traditionnelles, très gracieuses dans leurs pagnes blancs et rouges, et quelques danseurs et musiciens arrivent sur le lieu du débat pour accueillir l&rsquo;équipe de journalistes. Une entrée en matière non prévue, signe de l&rsquo;importance que revêt cette journée pour les villageois.</p>
<p>Attirés par la musique, les habitants affluent de tous côtés. Femmes et hommes de tous les âges s&rsquo;alignent sur les bancs installés à cet effet ou apportent leurs chaises. Les enfants sont repoussés derrière eux sur le talus. La foule, camaïeu de pagnes colorés et d&rsquo;uniformes scolaires, est dense, silencieuse et attentive. Près de 500 habitants sont présents. Un par un la dizaine de journalistes se présentent : l&rsquo;animateur du jour, le directeur de Pax Press et les journalistes de son équipe venus faire des interviews et des reportages qui feront connaître ce secteur dont les médias ne parlent pas. Certains journalistes, bien connus des auditeurs des radios, reçoivent des applaudissements nourris. Le chef de secteur, qui a vivement incité les villageois à venir à cette rencontre, explique alors : <em>« les journalistes sont venus nous aider à résoudre les problèmes difficiles. Dites ce que vous voulez, pas ce qui flatte ». </em>Albert Baudouin Twizeyimana, le responsable de Pax Press renchérit :<em> « Ce débat, ce n&rsquo;est pas une confrontation, mais une occasion de faire passer des messages aux autorités ».</em></p>
<p><a href="/wp-content/uploads/2015/10/DSC_0243.jpg"><img class="aligncenter wp-image-70126 size-large" src="/wp-content/uploads/2015/10/DSC_0243-1024x683.jpg" alt="DSC_0243" width="1024" height="683" /></a></p>
<h6>La catégorisation des citoyens en cause</h6>
<p>Les participants sont tendus, concentrés, un peu perplexes aussi. Elias Nizeyimana, l&rsquo;animateur du débat, commence par une petite chanson et quelques blagues pour détendre l&rsquo;atmosphère. Très vite, les premières plaintes fusent.<em> « Nous n&rsquo;avons pas l&rsquo;électricité, s&rsquo;insurge un homme, et les pompes ne marchent pas alors que nous avons payé pour avoir accès à l&rsquo;eau »</em>. Les villageois sont d&rsquo;autant plus furieux qu&rsquo;ils ont versé 200 000 Frw (225 euros) pour être raccordés à l&rsquo;électricité. Comme ailleurs dans le pays, pour réaliser leurs contrats de performance (voir encadré) les autorités locales poussent les villageois à cotiser sans que l’électrification suive toujours. Un autre homme se lève très mécontent, se plaignant d&rsquo;avoir à payer la mutuelle de santé à la suite d&rsquo;une mauvaise catégorisation. Une récrimination que l&rsquo;animateur n&rsquo;espérait pas de sitôt. Tant mieux car c&rsquo;est justement le premier sujet, d&rsquo;intérêt national, que les journalistes voulaient traiter.</p>
<p>Il mérite quelques explications : chaque Rwandais a été placé en 2001 par les autorités dans une catégorie qui va de 1 à 4, des plus pauvres sans maison, ni terres aux plus riches ministres, hauts fonctionnaires, homme d&rsquo;affaires… Une catégorisation qui est en cours de révision d&rsquo;ici fin 2015. Un enjeu crucial pour les Rwandais les plus démunis. Le coût de la mutuelle de santé, obligatoire dans le pays, varie en effet selon les catégories : elle est prise en charge par le gouvernement pour les catégories 1 et 2, elle coûte 3000 Frw (3,5 €) par personne et par an pour la 3ème, 7000 Frw (8 €) pour la 4… Les plus pauvres bénéficient aussi d&rsquo;autres aides de l’Etat… Jusqu&rsquo;en 2010, la mutuelle, instaurée en 2006, coûtait 1000 Frw (1,15 €) pour tous, une somme que de nombreux Rwandais ne pouvaient pas payer&#8230;Or la mutuelle de santé pour tous, qui donne accès à des soins gratuits, est un objectif important du gouvernement et donc des responsables des secteurs qui font pression pour que toutes les familles cotisent, allant, par endroits, jusqu&rsquo;à interdire l&rsquo;accès au marché à ceux qui n&rsquo;ont pas la carte de mutuelle. Dans tout le pays, les mécontents de la catégorisation sont très nombreux, estimant le plus souvent qu&rsquo;on les a classés trop haut. Particulièrement dans ces zones rurales assez pauvres où les gens ne disposent guère de ressources financières. Les récriminations à ce sujet sont nombreuses et le débat était donc fort bien lancé. Mais un violent orage l&rsquo;a interrompu brutalement.</p>
<p>Pendant près d&rsquo;une heure chacun s&rsquo;est abrité de la pluie comme il pouvait. La sono vite remballée, les journalistes se sont repliés dans les voitures, désemparés par ce coup du ciel. Mais, seconde bonne surprise, sitôt la pluie finie, les villageois sont tous ressortis, les enfants grelottant dans leurs vêtements mouillés, les femmes abritées sous de grands parapluies, attendant que la séance reprenne. Le temps de réinstaller la sono et c&rsquo;était reparti. <em>« Si on n&rsquo;a qu&rsquo;une vache, on ne peut pas être dans la même catégorie que celui qui en a deux ou trois ! »</em>, se plaint une vieille femme, la mine sombre, classée en catégorie 2. Un autre a peur de devoir vendre son unique vache pour payer le minerval (la scolarité) de ses enfants et la mutuelle s&rsquo;il est mis en catégorie 2. Plusieurs personnes se succèdent au micro, sans peur, déterminées, souvent très fâchées. Soulagées aussi de pouvoir dire ce qu&rsquo;elles ont sur le cœur. Elles veulent que le chef aille voir jusqu&rsquo;au village comment vivent les gens et qu&rsquo;une commission soit organisée au niveau du secteur pour revoir cette catégorisation. A regarder l&rsquo;assemblée, il semble évident que la plupart des gens ne sont guère riches, les habits sont usés, les chaussures éculées, beaucoup d&rsquo;enfants sont pied nus. La réponse du chef est ambigüe : <em>« Tout le monde ne peut pas être satisfait ou alors chacun a sa propre catégorie »</em>.</p>
<p><a href="/wp-content/uploads/2015/10/DSC_0235.jpg"><img class="aligncenter wp-image-70124 size-large" src="/wp-content/uploads/2015/10/DSC_0235-1024x683.jpg" alt="DSC_0235" width="1024" height="683" /></a></p>
<h6>Ne jamais désobéir</h6>
<p>Un autre sujet tenait particulièrement à cœur aux habitants, surtout aux centaines d&rsquo;enfants présents. Il s&rsquo;agit de la nouvelle réglementation concernant les repas des enfants à l&rsquo;école prise par le gouvernement en mars 2014 pour diminuer les absences d&rsquo;élèves les après-midi et renforcer le partage et l’apprentissage en commun. Désormais tous les élèves doivent prendre leur repas de midi à l&rsquo;école et les parents payer 7000 Frw (10 €) par trimestre et par enfant pour leur déjeuner. Une somme dont de nombreux parents agriculteurs ne peuvent pas s&rsquo;acquitter surtout quand ils ont plusieurs enfants à l&rsquo;école. Alors témoigne une élève, <em>« ceux qui ont payé mangent et pas les autres. Moi je n&rsquo;ai pas mangé à midi. »</em> Un père se lève furieux : <em>« J&rsquo;ai demandé que mes enfants puissent rentrer à la maison manger ce que nous avons mais l&rsquo;école a refusé. »</em> Une grande partie de l&rsquo;assistance l&rsquo;encourage. <em>« Sur 109 enfants, seulement 40 peuvent payer, précise le directeur de l&rsquo;école. Mais les ordres du ministère de l&rsquo;Education sont stricts. Je suis d&rsquo;accord pour laisser rentrer les enfants, mais j&rsquo;ai besoin d&rsquo;une autorisation. Les enfants qui ne mangent pas peuvent réviser leurs cours…»</em> Le chef de secteur estime lui aussi qu&rsquo;il serait bien que les enfants puissent rentrer chez eux ou apporter à manger.</p>
<p>Mais pas question de désobéir aux ordres stricts dans ce pays où tout un chacun est surveillé. Ce qui a été décidé en haut lieu doit être appliqué quoiqu&rsquo;il en coûte. Du moins, c&rsquo;est ce que pensent les responsables locaux qui ont toujours peur des autorités gouvernementales et craignent d&rsquo;être dénoncés au ministère, réprimandés, mutés. Mais souvent les rigoureuses mesures prises par le gouvernement sont particulièrement difficiles à suivre pour les populations des campagnes démunies à qui, de surcroît, on les explique peu.</p>
<p>Ces débats communautaires sont ainsi loin, la plupart du temps, de déranger les autorités locales. Au contraire, car ils leur permettent d&rsquo;expliquer leur rôle et leurs contraintes à leurs administrés et de faire savoir au gouvernement les problèmes qu&rsquo;ils rencontrent pour mettre en œuvre les programmes de l&rsquo;Etat. Les autorités nationales qui suivent très attentivement ces réunions sont ainsi interpellées en direct.</p>
<p>A la fin du débat, le problème récurrent de la mutuelle de santé, cheval de bataille du gouvernement, est revenu sur la table. Cet homme crie sa colère : <em>« Je ne peux pas payer la mutuelle pour mes six enfants en même temps (3000 Frw par personne), je veux pouvoir payer en plusieurs tranches »</em>. Un murmure d&rsquo;approbation parcourt l&rsquo;assistance. Beaucoup hochent la tête se sentant aussi concernés. Car s&rsquo;ils n&rsquo;ont pas payé pour toute leur famille, ils ne peuvent faire soigner personne… et comme l&rsquo;affirme la responsable d&rsquo;un centre de santé, elle n&rsquo;a pas le droit de soigner ceux qui n&rsquo;ont pas de mutuelle. Les participants grondent de plus en plus fort. Le chef de secteur, conciliant, essaie de les calmer : <em>« Je vais chercher des solutions pour le paiement de la mutuelle, peut-être un crédit »</em>. Et avant que les micro soient coupés, il rassure ses administrés dont certains ont été particulièrement virulents : <em>« C&rsquo;est bien que vous vous soyez exprimés. Vous n&rsquo;aurez pas de problèmes pour avoir parlé. »</em> Il est tard, environ 16 h 30, la pluie menace toujours, l&rsquo;assemblée se disperse en bavardant, sourire aux lèvres. Leur colère n&rsquo;a pas été inutile, le gouvernement a décidé fin décembre, que les repas des enfants pauvres seront pris en charge pour qu&rsquo;ils puissent manger avec les autres.</p>
<p><a href="/wp-content/uploads/2015/10/DSC_0233.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-70123" src="/wp-content/uploads/2015/10/DSC_0233-1024x683.jpg" alt="DSC_0233" width="1024" height="683" /></a></p>
<h6>Les journalistes : des médiateurs appréciés</h6>
<p>Lancer de tels débats dans ce pays, tenu d&rsquo;une main de fer par Paul Kagame depuis 1994, où la démocratie n&rsquo;est qu&rsquo;un mot et la parole verrouillée était une gageure. Mais aussi un besoin. Jusqu&rsquo;alors les citoyens ne pouvaient que se soumettre aux diktats gouvernementaux imposés souvent sans nuance par les responsables locaux rarement contrôlés. Obligation du port de chaussures, installation de jardins potagers, obligation de cultiver uniquement les plantes prévues pour la région, adhésion à la mutuelle de santé, destruction des maisons en paille : toutes ces directives qui font partie du plan de développement 2020 du pays sont généralement mises en œuvre sans aucune concertation avec la population. La peur des autorités locales d&rsquo;être blâmées par les autorités nationales s&rsquo;ils ne les suivent pas recoupe celle de leurs administrés contraints d&rsquo;obéir quoiqu&rsquo;il leur en coûte. S&rsquo;y ajoutait pour tous la peur d&rsquo;en parler : critiquer le gouvernement est risqué au Rwanda. Aussi les premiers débats n&rsquo;ont-ils réuni que 50 à 100 personnes. Tous étaient inquiets des réactions possibles du gouvernement. Ils craignaient aussi l&rsquo;intervention des journalistes dans leurs affaires, la plupart des médias rwandais étant inféodés au pouvoir en place.</p>
<p>Mais les journalistes de PaxPress ont su respecter les avis de tous, sans prendre parti, sans juger les actions des chefs de secteur pourtant souvent critiqués. Chacun a ainsi pu s&rsquo;expliquer et les participants ont, un peu partout, compris que le dialogue et la transparence de l&rsquo;action publique étaient des conditions nécessaires au développement de leur région.</p>
<p>L&rsquo;absence de consensus conduisant à des aberrations comme la construction de marchés trop éloignés des centres où ni les producteurs ni les acheteurs ne vont, l&rsquo;installation de robinets d&rsquo;eau en pleine forêt…Ou encore l&rsquo;obligation de cultiver du soja dont le prix de vente ne permet pas de couvrir les coûts des semences et des engrais. Mais ce qui a été déterminant dans le rapide succès de ces débats, ce sont les réactions et actions constructives qu&rsquo;ils ont suscitées. Si certaines n&rsquo;avaient qu&rsquo;une portée locale, d&rsquo;autres ont touché tous les Rwandais. Tous, jusqu&rsquo;au plus haut niveau, y ont trouvé leur compte.</p>
<p>Ces remontées d&rsquo;informations du terrain faisant état des mécontentements des citoyens et parfois des malversations de certaines autorités sont très appréciées du gouvernement, l&rsquo;incitant à infléchir sa politique. Des lois ont ainsi été révisées : comme celle sur la gestion des terres qui exigeait le consentement de tous les ayant droits pour la cession d&rsquo;une terre même si certains n&rsquo;habitent plus le pays depuis longtemps. L’office Rwandais de la gouvernance et le service de l’Ombudsman constatent avec satisfaction que ce projet contribue largement à la transparence des actions des autorités de base. Les chefs de secteur ont pu faire connaître leurs difficultés à répondre aux exigences gouvernementales parfois inadaptées aux situations locales et les contraintes auxquelles ils se heurtent dans leurs actions de tous les jours. Ainsi ils passent le plus clair de leur temps dans des réunions organisés par différents intervenants de leurs entités à tel point qu&rsquo;on appelle les secrétaires exécutifs des secteurs des « multiprises » ! Le ministère de l’Administration locale a décidé en juillet 2013 que toute convocation des réunions au niveau des secteurs doit être coordonnée par le maire du district.</p>
<p>Grâce aux médias, les autorités prennent peu à peu conscience de leur redevabilité envers les citoyens, ceux-ci qu&rsquo;ils peuvent demander des comptes sur l&rsquo;action publique. A Kagarama, un quartier de Kigali, les villageois ont demandé des explications sur les contrats de performance soumis aux autorités supérieures. La large diffusion des débats très appréciée pousse les citoyens à manifester publiquement leurs désaccords avec les gouvernants. Un villageois de Gicumbi en témoigne : <em>« quand les journalistes viennent nos problèmes sont entendus par les institutions supérieures concernées qui prennent des mesures. En plus, c&rsquo;est l&rsquo;occasion de s&rsquo;exprimer librement et de proposer des voies de solutions »</em>. En effet, au terme des débats, autorités et villageois se mettent le plus souvent d&rsquo;accord pour une meilleure concertation entre eux.</p>
<p>Ce projet médiatique atypique a demandé un certain courage aux journalistes régulièrement attaqués par le pouvoir au Rwanda. D&rsquo;autant plus que les débats sont diffusés en direct et en intégralité. Ils doivent faire preuve d&rsquo;une grand vigilance, d&rsquo;un professionnalisme et d&rsquo;une déontologie sans faille pour éviter de prêter le flanc aux critiques. Ce qu&rsquo;ils réussissent d&rsquo;autant mieux que leur objectif premier est de faire du journalisme constructif et utile pour participer au développement de leur petit pays qui a tant souffert. Mission exemplaire et réussie.</p>
<h6>Contrats de performance</h6>
<p>Au Rwanda, depuis 6 ans, chaque année, chaque chef de famille signe un « contrat de performance », avec le chef de cellule (100 familles) qui s&rsquo;engage lui auprès du chef de secteur ; ce dernier signe avec le district. Les maires de districts s&rsquo;engage eux avec le président de la République. Ces contrats stipulent les résultats que chacun s&rsquo;engage à atteindre durant l&rsquo;année. Le chef de secteur peut ainsi promettre que l&rsquo;ensemble des élèves iront à l&rsquo;école chaussures aux pieds, que toutes les femmes enceintes accoucheront dans une formation sanitaire, que toutes les maisons en paille seront détruites… Des mesures imposées par le gouvernement dans le cadre de son plan de modernisation du pays, que chaque Rwandais, à son niveau, doit mettre en œuvre.</p>
<p>Les contrats sont évalués localement tous les 3 mois et ceux qui ne les respectent pas sont blâmés. Les élus locaux qui craignent d&rsquo;être accusés de boycotter les programmes gouvernementaux font parfois des excès de zèle pour atteindre les résultats attendus, n&rsquo;hésitant pas imposer de lourdes amendes ou des mesures contraignantes aux récalcitrants : arrachage des cultures non autorisées même si les gens n&rsquo;ont alors plus rien à manger, destruction des maisons ne répondant pas aux normes alors que leurs occupants n&rsquo;ont pas les moyens de les reconstruire. Cette rigueur porte certes quelques fruits, au prix de lourds sacrifices pour les populations, mais les dérives nombreuses.</p>
<p>C&rsquo;est la rançon du développement à marche forcée imposée par le gouvernement rwandais qui fait de ce petit pays d&rsquo;Afrique centrale un modèle pour la communauté internationale. Mais, derrière la vitrine, les Rwandais sont à la peine.</p>
<p><a href="/wp-content/uploads/2015/10/DSC_0203.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-70121" src="/wp-content/uploads/2015/10/DSC_0203-1024x683.jpg" alt="DSC_0203" width="1024" height="683" /></a></p>
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		<title>Plus de 355 organisations de la société civile disent non  à l&#8217; « agriculture intelligente face au climat »</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Sep 2015 22:02:21 +0000</pubDate>
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<p>Cet article <a rel="nofollow" href="/plus-de-355-organisations-de-la-societe-civile-disent-non-a-l-agriculture-intelligente-face-au-climat/">Plus de 355 organisations de la société civile disent non  à l&rsquo; « agriculture intelligente face au climat »</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="/">Altermondes</a>.</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p class="GreyBG">Plus de 355 organisations de la société civile &#8211; dont, pour la France, le Gret, Le Réseau Action Climat, le CCFD Terre Solidaire &#8211; adressent une lettre ouverte à propos de l&rsquo;<a title="" href="http://www.fao.org/climate-smart-agriculture/85725/en/" target="_blank">Alliance globale pour une agriculture intelligente face au climat</a>.</p>
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<p>Nous appartenons à des organisations de la société civile et à des mouvements sociaux du monde entier qui travaillent sur l’alimentation, l’agriculture et les problèmes posés par le changement climatique. Nous soutenons les petits agriculteurs qui représentent 90% des agriculteurs dans le monde et produisent 70% de la nourriture mondiale sur moins du quart des terres agricoles.</p>
<p>Nous sommes bien conscients que le changement climatique affecte déjà les productions agricoles et alimentaires de toutes les régions du monde. Les agriculteurs rencontrent de multiples difficultés : températures extrêmes (chaudes et froides), périodes de sécheresses et d’inondations, calendrier des précipitations imprévisible, salinisation des sols, perte de terres due à la hausse du niveau des mers, nouveaux ravageurs et nouvelles maladies. La menace pesant sur l’agriculture et l’alimentation du fait du changement climatique est l’une des plus grandes préoccupations de l’humanité.</p>
<p>Nous reconnaissons aussi que certains types d’agriculture – principalement l’agriculture industrielle à grande échelle – ont un impact négatif sur les moyens de subsistance, les droits fonciers, les écosystèmes, la diversité des cultures et la résilience des systèmes agricoles du monde. Ils sont en outre largement responsables d’importantes émissions de gaz à effet de serre qui contribuent au changement climatique.</p>
<p>Nous reconnaissons le besoin d’agir pour permettre aux systèmes agricoles et alimentaires de s’adapter au changement climatique. Et nous croyons que pour réduire la contribution de l’agriculture au problème, nous devons trouver des moyens de supprimer progressivement les approches industrielles nuisibles et de privilégier les méthodes agroécologiques , meilleures pour les petits agriculteurs et la planète. Nous savons que la production alimentaire est déterminante pour la sécurité alimentaire. Mais elle ne peut s’obtenir aux dépens des droits des agriculteurs ou de la qualité des sols, de l’eau et des écosystèmes dont dépend l’agriculture.</p>
<p>La nouvelle <a title="" href="http://www.fao.org/climate-smart-agriculture/85725/en/" target="_blank">Alliance globale pour une agriculture intelligente face au climat</a> prétend être la plateforme de réflexion, d’échange et d’action indispensables qui permettraient à l’agriculture de faire face aux impacts du changement climatique et de réduire sa contribution au phénomène. Cette Alliance espère influencer le développement et l’adoption de nouvelles politiques par les pays et vise un lancement de grande envergure au Sommet sur le climat du Secrétaire Général de l’ONU à New-York en septembre. Les gouvernements, les entreprises, les organisations de la société civile et les institutions académiques sont invités à participer.<br />
Nous avons cependant des inquiétudes et des interrogations majeures quant à cette Alliance.<br />
Sans une sérieuse prise en compte des éléments listés ci-dessous, l’Alliance ne peut espérer s’attaquer au problème du changement climatique ni à l’insécurité alimentaire, ou assurer la résilience des communautés. En fait, l’Alliance pourrait miner les objectifs mêmes qu’elle dit vouloir servir.</p>
<p><strong>AUCUN CRITERE ENVIRONNEMENTAL</strong>: L’Alliance est ouverte à quiconque souscrit à un document cadre très général et souhaite partager des informations sur ses activités. Elle ne donne néanmoins aucun critère permettant de définir la prétendue « agriculture intelligente face au climat ». Ainsi, les approches industrielles qui entrainent la déforestation, accroissent l’usage d’engrais chimiques, intensifient la production de bétail ou exacerbent la vulnérabilité des agriculteurs sont les bienvenues à la famille climato-intelligente. Ils sont apparemment libres d’utiliser l’Alliance pour promouvoir leurs pratiques comme solutions au changement climatique. Sans critères clairs pour une adaptation et une atténuation à même d’assurer l’intégrité environnementale, l’Alliance globale pour une agriculture intelligente face au climat pourrait servir d’espace de verdissement et d’influence politique à ceux qui nuisent le plus à la planète.</p>
<p><strong>PAS DE GARANTIES SOCIALES</strong>: Des entreprises aux impacts sociaux extrêmement dommageables aux agriculteurs et aux communautés, telles que celles qui promeuvent les organismes génétiquement modifiés (OGM) ou accaparent des terres, revendiquent déjà la mise en place d’une « agriculture intelligent face au climat ». Les OGM contaminent les autres semences et en érodent la diversité ; ils criminalisent en outre les pratiques de conservation des semences dont les agriculteurs ont pourtant besoin pour s’adapter au changement climatique. Si aucune garantie sociale n’est mise en place, nous craignons que l’Alliance soit utilisée pour promouvoir des approches qui augmentent la dépendance des agriculteurs aux intrants et les piègent dans un cycle d’endettement et de pauvreté, les rendant plus vulnérables encore au changement climatique.</p>
<p><strong>MARCHES CARBONE</strong>: Dans certains cas, les projets d’agriculture intelligente face au climat sont financés par des systèmes de compensation carbone. Les agriculteurs font déjà les frais de l’échec du marché carbone mondial. De nombreux groupes questionnent l’intégrité environnementale des programmes de compensation de carbone. La séquestration du carbone dans les sols n’est pas pérenne et est facilement réversible ; elle devrait être plus particulièrement exclue des systèmes de compensation carbone. Ces projets étant par nature des engagements contractuels, ils pourraient même limiter la capacité des agriculteurs à s’adapter aux nouveaux défis climatiques.</p>
<p><strong>GOUVERNANCE, POUVOIR ET GROUPES D’INTERET</strong>: La structure de gouvernance de l’Alliance demeure obscure. Il y a un risque significatif (certains diraient une forte probabilité) que les asymétries de pouvoir qui prévalent ailleurs dans le monde se retrouvent au sein de l’Alliance, et que les agendas des groupes d’intérêts et des gouvernements les plus riches pèsent davantage que ceux des organisations de la société civile, des petits agriculteurs et des pays en développement. Dans un tel espace, il pourrait s’avérer impossible de travailler sur les causes véritables de la vulnérabilité ou<br />
de trouver les réponses aux questions qui se posent à propos de notre façon de produire, d’échanger et de consommer dans un contexte de changement climatique. En tant que membres de la société civile, nous interrogeons régulièrement le pouvoir et les pratiques des groupes d’intérêt de l’agrobusiness. Nous ne souhaitons pas que notre présence au sein de cette Alliance légitime ceux que nous critiquons.</p>
<p><strong>ABSENCE DE REDEVABILITE</strong>: L’Alliance globale pour une agriculture intelligente face au climat se fixe comme objectif d’influencer les politiques à l’échelle nationale. Elle ne fait cependant aucune référence à la richesse des connaissances et de l’expertise ainsi qu’aux pistes suggérées dans le cadre des <a title="" href="http://unfccc.int/2860.php" target="_blank">négociations climat de la CCNUCC</a>, ou du <a title="" href="http://www.fao.org/cfs/cfs-home/en/" target="_blank">Comité pour la sécurité alimentaire mondiale (CSA)</a>, sur le thème de l’agriculture. Plusieurs cadres de référence développés et validés au niveau international au sein du CSA – telles que les<a title="" href="http://www.fao.org/nr/tenure/voluntary-guidelines/en/" target="_blank">Directives volontaires pour la gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts</a> – pourraient permettre à l’Alliance de développer une approche de l’agriculture fondée sur les droits mais lesdits cadres ne sont pas pris en compte. En ignorant ces espaces participatifs, les outils qui y sont développés, ainsi que leurs analyses du changement climatique, de la sécurité alimentaire et du droit des paysans, les valeurs et les approches de l’Alliance pourraient dédoubler et affaiblir les processus officiels des Nations-Unies, aboutissant au final à la mise en place d’un système flou, sans redevabilité aucune, au service de ses membres les plus puissants. Avant tout, l’Alliance ne doit pas permettre aux groupes d’intérêt de décider des politiques nationales par des moyens détournés.</p>
<p>À toute nos questions, la réponse habituelle est que le seul moyen d’y répondre est de rejoindre l’Alliance et d’assister aux réunions. L’Alliance globale pour une agriculture intelligente face au climat est vaste et ambitieuse. Mais nous ne pouvons rejoindre une initiative si ambitieuse qu’elle en finit par ignorer toute préoccupation sociale et environnementale.</p>
<p>Nous ne pouvons faire partie d’un mouvement si vaste que nous apparaitrions aux côtés et en accord avec les acteurs que nous dénonçons.</p>
<p>Nous mettons l’Alliance au défi de reconnaître et de répondre véritablement à ces inquiétudes. En l’état, nous ne voyons pas comment l’Alliance peut prétendre être une réponse appropriée au changement climatique, ou une option pertinente pour les agriculteurs et les mouvements citoyens engagés sur les questions alimentaires.</p>
<p class="BleuBorder">Pour signer cette lettre, écrire à : signon@climatesmartagconcerns.org</p>
<h6>Le site de la campagne<br />
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		<title>Semences paysannes : les graines du changement</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Jun 2015 12:00:34 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[DÉVELOPPEMENT DURABLE]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>À rebours de la standardisation des variétés cultivées et de la dépendance aux intrants chimiques, des organisations, en France comme ailleurs, se mobilisent pour préserver, diffuser et valoriser la biodiversité locale, dont les semences paysannes sont l’étendard, tout autant qu’une réponse à l’adaptation aux dérèglements climatiques. De tout temps, les paysans ont gardé précieusement leurs meilleurs grains pour les [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p class="GreyBG">À rebours de la standardisation des variétés cultivées et de la dépendance aux intrants chimiques, des organisations, en France comme ailleurs, se mobilisent pour préserver, diffuser et valoriser la biodiversité locale, dont les semences paysannes sont l’étendard, tout autant qu’une réponse à l’adaptation aux dérèglements climatiques.</p>
<p>De tout temps, les paysans ont gardé précieusement leurs meilleurs grains pour les ressemer l’année suivante. De tout temps, ou presque. Depuis une centaine d’années, nombre d’entre eux ont en effet abandonné cette pratique. Aujourd’hui, ceux qui cultivent ne sont plus les mêmes que ceux qui produisent les semences et une poignée de firmes contrôlent les deux tiers du marché mondial de la semence commercialisée, imposant des variétés standardisées, dépendantes aux intrants chimiques (pesticides, engrais, etc.). Il est donc urgent de prendre soin de nos semences. Entendons-nous, celles du patrimoine commun, autrement dit les variétés créées par des générations d&rsquo;agriculteurs et de jardiniers et qui peuvent être échangées librement. L&rsquo;alerte vient des agriculteurs eux-mêmes, « <em>qui sont de plus en plus bousculés par les changements bioclimatiques</em> », explique Robert Ali Brac de la Perrière, coordinateur général de l&rsquo;association <a href="http://www.bede-asso.org" target="_blank">Association Bede</a>.</p>
<h6>Un réservoir à fort potentiel</h6>
<p>Le réchauffement de la planète met en effet en péril les agriculteurs du monde entier, dont une majorité <span style="line-height: 1.5;">souffre encore de la faim. Ils ne trouvent pas dans les semences commerciales les variétés capables de s&rsquo;adapter. </span><span style="line-height: 1.5;">Or, c&rsquo;est dans le réservoir des semences paysannes que se cachent, potentiellement, les capacités à pousser </span><span style="line-height: 1.5;">en situation de sécheresse, les résistances naturelles aux maladies ou encore les qualités nutritives insoupçonnées des plantes de demain. </span></p>
<blockquote><p>« P<em>lus la biodiversité d’un écosystème est importante et plus il est résilient, c&rsquo;est-à-dire capable de s&rsquo;autoréguler</em> »</p></blockquote>
<p><span style="line-height: 1.5;">Pour Ndiaye Alihou, coordinateur de l&rsquo;Association sénégalaise de producteurs de semences paysannes (ASPSP), les semences paysannes « </span><em style="line-height: 1.5;">qu&rsquo;on sème et ressème d&rsquo;année en année, en les adaptant progressivement aux méthodes de culture et aux terroirs</em><span style="line-height: 1.5;"> », cultivées en agriculture paysanne et agroécologique, doivent donc être placées au cœur des systèmes de production. « </span><em style="line-height: 1.5;">Avec les semences commerciales, le paysan qui avait l’habitude de semer ses graines, d’en récolter et d’en conserver une partie pour l’échanger avec son parent ou voisin devient dépendant des magasins de vente</em><span style="line-height: 1.5;">, dénonce-t-il. </span><em style="line-height: 1.5;">Il y achète ses graines et les intrants qui doivent nécessairement les accompagner. Il dépense beaucoup d’argent pour en gagner peu.</em><span style="line-height: 1.5;"> » Les membres de l&rsquo;ASPSP promeuvent également l&rsquo;agroécologie et les semences paysannes en Afrique de l&rsquo;Ouest car, explique Ndiaye Alihou, « </span><em style="line-height: 1.5;">plus la biodiversité d’un écosystème est importante et plus il est résilient, c&rsquo;est-à-dire capable de s&rsquo;autoréguler</em><span style="line-height: 1.5;"> ».</span></p>
<p class="rightGreyBG" style="text-align: left;">Dans le but de conserver la biodiversité agricole, <strong>les banques de gènes</strong> sont utilisées pour stocker et conserver les ressources génétiques des principales plantes cultivées et des espèces sauvages apparentées.</p>
<p>Mais où retrouver cette biodiversité paysanne que la « modernisation » agricole a presque fait disparaître de certains territoires ? Elle peut l’être chez les paysans qui renouvellent les variétés traditionnelles, auprès des associations et artisans qui conservent les semences et, enfin, dans les banques de gênes publiques ou privées. Une fois dénichées, les variétés paysannes doivent parfois être caractérisées, c’est-à-dire qu’il faut les semer pour décrire la variété en termes physiques (forme, taille, couleur, etc.), de précocité ou encore de résistances aux maladies par exemple.</p>
<h6>Au coin d&rsquo;une parcelle</h6>
<p>C&rsquo;est l&rsquo;une des tâches à laquelle s&rsquo;attelle l&rsquo;équipe de la Maison des semences paysannes d&rsquo;<a href="http://www.agrobioperigord." target="_blank">Agrobio Périgord</a>. Au début des années 2000, l&rsquo;association s&rsquo;est en effet donné pour objectif de retrouver des variétés de maïs reproductibles, alors que l&rsquo;ensemble des variétés aujourd&rsquo;hui vendues en France est hybride donc, stérile. S&rsquo;inspirant des Casas de sementes criolas brésiliennes (Maisons des semences créoles), Agrobio Périgord a formalisé un mode de gestion collective de la biodiversité cultivée en Dordogne. Dans le même temps, en 2003, naissait le Réseau semences paysannes (RSP) qui, fort de soixante-dix organisations membres et de milliers d&rsquo;adhérents, « <em>coordonne et consolide</em> » en France les initiatives locales de « <em>promotion et de défense de la biodiversité cultivée et des savoir-faire associés » ce, malgré « un cadre réglementaire qui tend à les interdire</em> ». Une multitude de collectifs locaux s&rsquo;organise ainsi pour diffuser la biodiversité agricole de leur territoire qu&rsquo;ils parviennent à sauver. « <em>Au sein du Réseau semences paysannes, nous essayons surtout d&rsquo;organiser la transmission de savoir-faire entre paysans</em>, témoigne Guy Kastler, du RSP. <em>Car on se rend compte qu&rsquo;ils échangent mieux au coin d&rsquo;une parcelle. Et quand les pratiques s&rsquo;échangent, les graines suivent.</em> »</p>
<p>L&rsquo;ASPSP organise quant à elle des bourses d&rsquo;échanges régionales, à l&rsquo;image de la foire de Djimini qui s&rsquo;est tenue en Haute Casamance en 2014. Les paysans de toute l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest y étaient invités à échanger graines et savoir-faire en agroécologie et en confection de greniers de semences pour célébrer les mils dans toute leur diversité (sorgho, petit mil, millets, fonio). Contrairement au maïs et au riz, aujourd&rsquo;hui importés en Afrique à très bas prix, cette céréale n&rsquo;a pas fait l&rsquo;objet d&rsquo;une sélection efficace lors de la révolution verte. Mais cette « <em>plante africaine nourricière, domestiquée il y a au moins 4 500 ans</em> » reste aujourd’hui, pour les paysans de l&rsquo;ASPSP, « <em>l’avenir de l’agriculture familiale écologique</em> » du fait de sa capacité à pousser sans intrants en conditions arides et sur des sols pauvres.</p>
<h6>Sécuriser la production</h6>
<p>Au-delà de la préservation d&rsquo;un patrimoine végétal commun, les nombreuses initiatives en faveur des semences paysannes expérimentent des méthodes permettant aux agriculteurs de sélectionner eux-mêmes leurs propres variétés à partir du patrimoine génétique de la biodiversité locale. Seul dans sa ferme, en groupes d&rsquo;agriculteurs accompagnés par une association &#8211; comme par exemple l&rsquo;<a href="http://searice.org.ph" target="_blank">ONG Searice</a> &#8211; ou en collaboration avec des chercheurs, par un processus de sélection participative, c&rsquo;est ainsi que s&rsquo;inventent des variétés nouvelles. Rustiques, libres de droit et qui ont du goût, celles-là.</p>
<p>Ces initiatives resteront cependant symboliques, sinon vaines, sans un véritable changement dans les politiques agricole et économique. Au niveau mondial, où plus de 70 % de l&rsquo;alimentation vient d&rsquo;une agriculture paysanne qui n&rsquo;a pas les moyens d&rsquo;acheter des semences, « <em>il faut sécuriser la production de semences </em><em>paysannes en empêchant qu&rsquo;elles soient interdites</em> », martèle Guy Kastler. Car la certification végétale et le brevetage du vivant inspirent encore trop souvent les accords économiques internationaux. Syngenta, Bayer et Monsanto, les trois multinationales qui détiennent 75 % du marché mondial des semences, s&rsquo;en frottent les mains.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/-vCq7BCmjEM" width="640" height="360" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p>Crédits photo de Une : <span id="ctl00_ContentPlaceHolder1_DetailsView1_Label2"><a href="http://www.irinnews.org/photo/details/201203280723000976/des-initiatives-sont-n%C3%A9cessaires-%C3%A0-l-%C3%A9chelle-communautaire" target="_blank">Jason Gutierrez/IRIN</a></span></p>
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