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	<title>Altermondes &#187; SOCIETE CIVILEAltermondes</title>
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		<title>« Le débat sur les ventes d’armes doit quitter le petit cénacle dans lequel il est restreint »</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Apr 2016 09:00:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Rédaction]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[SOCIETE CIVILE]]></category>
		<category><![CDATA[commerce des armements]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Le Traité sur le commerces des armes (TCA) des Nations unies est entré en vigueur le 24 décembre 2014, suite à plus de dix ans de campagne de la coalition Contrôlez les Armes initiée par Amnesty International, Oxfam International et le Réseau d&#8217;action international sur les armes légères. Cette victoire constitue une avancée importante. Néanmoins, [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p class="GreyBG">Le Traité sur le commerces des armes (TCA) des Nations unies est entré en vigueur le 24 décembre 2014, suite à plus de dix ans de campagne de la coalition Contrôlez les Armes initiée par Amnesty International, Oxfam International et le Réseau d&rsquo;action international sur les armes légères. Cette victoire constitue une avancée importante. Néanmoins, quelles sont les limites du Traité et qu&rsquo;est­-ce qui peut encore être fait pour assurer un meilleur contrôle de ce commerce ? Echange avec Tony Fortin, président de l&rsquo;<a href="http://www.obsarm.org/" target="_blank">Observatoire des armements</a>.</p>
<h6>Outre que de nombreux pays ne l&rsquo;ont pas signé ­ comme la Russie ou l&rsquo;Inde ­ ou pas ratifié ­ comme les Etats-­Unis ­, c ?</h6>
<p>Le Traité est bien sûr un instrument important pour les pays du Sud qui subissent les conséquences dramatiques du commerce des armes. Mais il porte en lui une ambiguïté fondamentale : le texte réglemente les ventes d’armes tout en voulant maîtriser leurs effets délétères au lieu de les interdire sur le modèle d’autres instruments internationaux, comme la Convention sur l&rsquo;interdiction des mines antipersonnel. En effet, les membres du Conseil de sécurité de l’ONU sont eux-­mêmes les principaux exportateurs d’armes au monde ! N’oublions pas que les ventes d’armes sont moins des actes commerciaux que des leviers diplomatiques permettant aux Etats de peser sur la marche du monde. Les principaux pays exportateurs n’ont aucun intérêt à voir rogné ces outils de puissance. Il en résulte un traité qui est faible au bout du compte : aucune autorité internationale de sanction en cas de violation mais une évaluation menée par les Etats de leurs propres transferts d’armes. On sanctuarise ainsi dans le droit international la schizophrénie des Etats : il revient aux gouvernements de promouvoir les exportations d’armes&#8230; tout en les contrôlant en même temps. Seul motif de satisfaction, le traité interdit expressément à un pays de transférer des armes s’il a connaissance que celles-­ci pourraient participer à la commission de crimes de guerre (art. 6). Sauf qu’en pratique, cet art. 6 n’a pas dissuadé la France de livrer trois chasseurs Rafale à l’Egypte et de lui revendre ses navires Mistral en 2015 au moment même où celle-­ci engageait sa marine et son aviation au Yémen, où se produisent des violations du droit international humanitaire (bombardements de civils).</p>
<h6>La France compte parmi les principaux exportateurs d&rsquo;armes au niveau mondial, ce qui est d&rsquo;ailleurs le cas de chacun des membres du Conseil de sécurité des Nations unies. Sa politique d&rsquo;exportation est­-elle responsable?</h6>
<p>De 2014 à 2015, la France est passé de 5 Etats­-Unis. En effet, ses exportations d’armes ont bondi en un an, passant de 6 mds à 16 mds d’euros. Rappelons que sur la période 2009­-2014, 37% des exportations d’armes françaises étaient destinées au Moyen­-Orient, dont 25% à la seule Arabie Saoudite. Selon des données provisoires, ce chiffre s’élèverait à 75% en 2015. Ces données se passent de commentaires&#8230; La relation entre l’augmentation du nombre des conflits (Yémen, Syrie, Afghanistan, Centrafrique, Soudan, Somalie, Libye&#8230;) et l’explosion des ventes d’armes est certes difficile à établir. Mais certains précédents devraient nous interpeller : une partie des armes lâchées aux rebelles libyens en 2011 s’est retrouvée par la suite entre les mains des groupes djihadistes au Mali (Aqmi, Ansar Dine et le Mujao). Quant aux chars Leclerc que nous avons vendus aux Emirats Arabes Unis, ils servent à écraser les forces houthies au Yémen.</p>
<h6>Le ministère de la Défense rend chaque année au Parlement un rapport sur les exportations d&rsquo;armes réalisées par la France. Le Parlement est donc informé a posteriori, ce qui ne lui permet pas d&rsquo;exercer son contrôle. Y a­-t-­il là un enjeu qui mobilise les ONG?</h6>
<p>En effet, il faut faire en sorte que le débat sur les ventes d’armes quitte le petit cénacle dans lequel il est restreint. Pour cela, il est nécessaire d’introduire un tiers dans le jeu, comme un groupe de parlementaires. Nous avons élaboré des propositions précises en ce sens. Un amendement a même été déposé, sans succès, par le groupe écologiste en 2013 lors de la révision de la loi de programmation militaire. Mais le débat n’en est pas encore là en France. Même une loi d’apparence aussi consensuelle que celle qui permet de faire respecter les embargos de l’ONU et de l’Union européenne ­qui est en cours d’examen par le Parlement français ­subit le tir nourri de l’exécutif.</p>
<p>Photo de Une : avion de chasse Rafale. Crédit : <a href="http://Di Matthew DeWitt - http://www.navy.mil/management/photodb/photos/080719-N-4519D-010.jpg, Pubblico dominio, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4428943" target="_blank">Matthew DeWitt</a></p>
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		<title>Baseco : vivre au cœur de la jungle de Manille</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Mar 2016 07:05:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Rédaction]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[SOCIETE CIVILE]]></category>
		<category><![CDATA[jeunesse]]></category>
		<category><![CDATA[Logement / habitat]]></category>
		<category><![CDATA[Philippines]]></category>
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		<category><![CDATA[travail décent]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p class="GreyBG">Après un premier travail sur <a href="http://www.iris-pictures.com/gallery/isa-pang-maynila/" target="_blank">les quartiers populaires du Grand Manille</a> en 2012, le photographe Jean-Félix Fayolle revient au cœur de cette jungle urbaine de plus de 25 millions d’habitants pour suivre l’évolution des quartiers. Dans cet article, il s&rsquo;intéresse au quartier de Baseco, situé près du port international de la capitale philippine, l’une des zones les plus densément peuplées au monde.</p>
<p>Baseco Compound est un quartier de Manille, capitale des Philippines, situé entre le port international et l’embouchure du fleuve Pasig. Il fait face à la baie de Manille, devant le quartier historique d’Intramuros et proche du grand quartier de Tondo. <span style="line-height: 1.5;">Cet espace est sorti de l’eau par l’accumulation de déchets et de boues dragués par le fleuve Pasig, ainsi que par différents gravats de béton déposés par le Bureau of Public Works and Highways. Baseco est l&rsquo;abréviation de  BAtaan Shipyard and Engineering COmpany. Les premiers habitants du quartier, venus avec leurs familles, travaillaient pour ces entreprises de fret maritime. En 1982, Baseco a été officiellement déclaré comme un quartier sous le nom Barangay 649. Sa population a beaucoup augmenté entre 1990 et 1993 à cause des nombreuses démolitions de quartiers informels à Quezon City et à d’autres endroits de l’agglomération de Manille. Beaucoup viennent également de la province où le travail est trop rare. Des personnes mal intentionnées ont vendu illégalement des maisons sur ce terrain pour des personnes souhaitant s’y installer durablement. Aujourd’hui, plus de 50 000 personnes vivent dans des conditions très précaires dans cette jungle urbaine aux portes de Manille. On parle d’un projet de dépôt pétrolier. Même si ces familles ont élu domicile à Baseco depuis plusieurs années, elles vivent dans la crainte de se voir expulsées. Des incendies ont lieu régulièrement, parfois à cause de ces maisons faites de bric et de broc, construites sans planification ni norme, mais parfois on s’interroge sur l’origine de ces départs de feu. Les déloger sera compliqué, car il faudra utiliser la force et la violence&#8230;</span><br />
<iframe src="https://www.google.com/maps/d/embed?mid=z23xbs2JEydg.kt4c5B4NiUvs&amp;hl=en_US" width="640" height="480"></iframe></p>
<h6>Un quartier aux portes de Manille</h6>
<p>La proximité du centre-ville, des activités du port et de la mer sont de véritables atouts pour ces habitants, qui seraient contraints d’aller beaucoup plus loin pour reconstruire une nouvelle habitation, et par la même occasion, une nouvelle vie. Les conditions d’hygiène sont très difficiles. Une grande partie du quartier ne compte pas de réseau d’assainissement, ni d’eau courante. Des rues sont en terre, gorgées de boues noires et de déchets. On trouve aussi un lieu surnommé « la Playa », véritable plage de déchets qui fait office de terrain de jeux pour enfants et de port pour les barques. Plusieurs organisations non-gouvernementales interviennent dans ce grand quartier, mais il reste encore beaucoup à faire. A Baseco, il est fréquent de côtoyer la mort. Il arrive que des nourrissons décèdent à cause des mauvaises conditions d’hygiène et d’alimentation. Il existe également des règlements de comptes liés aux trafics ou des homicides pour simplement dérober le bien de son propriétaire. Certains se sont déjà fait tués par la sécurité du port pour nager trop près des docks.</p>
<div id="aesop-gallery-142980-1"  class="aesop-component aesop-gallery-component aesop-thumbnail-gallery-wrap   "><div id="aesop-thumb-gallery-142980" class="fotorama" 	data-transition="crossfade"
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																			data-autoplay=&quot;5000&quot;																			data-keyboard="true"
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																			data-click="true"><img src="/wp-content/uploads/2016/03/JeanFelix-Fayolle_Baseco-2.jpg" data-caption="Nous sommes sur la jetée en face du port international. Ce long bloc de béton est en réalité une rue commerçante bondée où on trouve de tout. Derrière ces cabanes, à droite de l’image, commence ce grand bidonville de 50 000 habitants." alt="La jetée en face du port international de Manille (Philippines)"><img src="/wp-content/uploads/2016/03/JeanFelix-Fayolle_Baseco-3.jpg" data-caption="Un peu plus loin, la jetée est entourée d’eau et de déchets, mais reste un véritable lieu de vie. Ce genre de maisons sont particulièrement exposées aux aléas climatiques. De nombreuses habitations ont été détruites lors du passage du typhon Rammasun en juillet 2014. " alt="La jetée est entourée d’eau et de déchets, mais reste un véritable lieu de vie"><img src="/wp-content/uploads/2016/03/JeanFelix-Fayolle_Baseco-4.jpg" data-caption="La plage est également grouillante d’activité. Des hommes partent à la pêche, d’autres entretiennent leurs bateaux ou réparent leurs filets de pêche. Des enfants jouent à attraper des poissons ou à creuser des trous dans le sable. " alt="La plage est également grouillante d’activité (Baseco, Manille, Philippines)"><img src="/wp-content/uploads/2016/03/JeanFelix-Fayolle_Baseco-5.jpg" data-caption="Le basketball est un sport très populaire aux Philippines. A Baseco, comme dans les autres quartiers, on trouve des paniers de basket dans les moindres recoins. La fin de journée, plus fraîche, est propice à de bons matchs.  A l’arrière-plan, un mur sépare la plage qui fait face à la baie de Manille de ce qu’il reste de l’étendue d’eau aujourd’hui comblée. " alt="Le basketball est un sport très populaire aux Philippines"><img src="/wp-content/uploads/2016/03/JeanFelix-Fayolle_Baseco-6.jpg" data-caption="Nous sommes sur la rive du fleuve Pasig, au niveau de son embouchure. C’est ce dernier qui sépare Baseco du grand quartier de Tondo. Cet endroit est surnommé « la playa » par ses habitants. Cette véritable plage de  déchets fait office de port pour les embarcations des adultes et de terrain de jeux pour les enfants." alt="A la frontière entre Baseco et le grand quartier de Tondo (Manille, Philippines)"><img src="/wp-content/uploads/2016/03/JeanFelix-Fayolle_Baseco-7.jpg" data-caption="Les « Montemayor Sisters » sont un groupe de travestis du quartier de Baseco, aujourd’hui devenu célèbre pour leurs apparitions dans des émissions de télé. On rencontre des « lady boys » dans tous les quartiers philippins. Elles sont très bien intégrées dans la société, et même par l’Eglise catholique. " alt="Les « Montemayor Sisters » sont un groupe de travestis du quartier de Baseco."><img src="/wp-content/uploads/2016/03/JeanFelix-Fayolle_Baseco-8.jpg" data-caption="A l’embouchure du fleuve Pasig dans la baie de Manille. Ces buses de béton serviront surement 
un jour au drainage du quartier." alt="A l’embouchure du fleuve Pasig dans la baie de Manille"><img src="/wp-content/uploads/2016/03/JeanFelix-Fayolle_Baseco-9.jpg" data-caption="Une zone d’eau qui a été comblée il y a un peu plus d’une dizaine d’année. A droite, la plage, souvent bondée pendant la semaine sainte et derrière nous l’embouche du fleuve Pasig, séparée par une jetée de béton. Derrière ce filet, un parc a mangrove vient d’être installé pour remettre un peu de nature parmi tous ces déchets. Cette brume est typique des journées chaudes de Manille. " alt="Une zone d’eau qui a été comblée il y a un peu plus d’une dizaine d’année."><img src="/wp-content/uploads/2016/03/JeanFelix-Fayolle_Baseco-10.jpg" data-caption="Couché de soleil dans la baie de Manille. Tous ces bateaux attendent de venir décharger au port. C’est à cet endroit qu’est prévu de construire un dépôt pétrolier. Il sera difficile de forcer les habitants à quitter Baseco sans violence, car c’est ici que plus de 50 000 personnes ont construit leurs vies." alt="Couché de soleil dans la baie de Manille."></div><p class="aesop-component-caption">Cliquez en haut à droite de la photo pour agrandir la gallerie. Photos : Jean-Félix Fayolle</p></div>
<h6>Activités à Baseco</h6>
<p>Baseco est au cœur de la vie économique de Manille. Certains y établissent leur commerce, dans le quartier, dans les rues du centre historique ou à Tondo. D’autres récupèrent du métal tombé dans les eaux du port, des déchets ou encore pêchent. A Baseco, on compte aussi de nombreux conducteurs en tous genres (jeepney, side-car, vélotaxi, camion, bus ou de taxi), des gardiens pour les banques ou les activités du port, des employés de maison. Manille attire par son potentiel. Ici tout est possible, on peut trouver des petits boulots mieux payés qu’en province. Alors on se résigne à vivre dans des conditions difficiles&#8230; Beaucoup attachent une grande importance à la religion qui permet de surmonter quotidiennement souffrances et difficultés. La majorité est catholique et on trouve également des musulmans dans une partie du quartier. Les familles sont généralement nombreuses et les enfants sont partout dans les rues. Ces derniers font preuve, dès leur plus jeune âge, d’une grande débrouillardise en construisant leurs jeux eux-mêmes avec ce qu’ils peuvent récupérer. La nuit, on entend des personnes chanter au karaoké en buvant de la fameuse bière forte Red Horse ou des liqueurs, pour oublier les difficultés de la journée et célébrer la vie. Le port lui n’arrête jamais de fonctionner. De ce côté de l’océan, même si on doit faire de nombreux sacrifices et que la vie est dure, on continue de sourire, d’aimer et de profiter de chaque instant que la vie peut offrir.</p>
<h6>Un  montage vidéo du premier travail de Jean-Félix Fayolle à Manille, en 2012</h6>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/g23kC4EOnNM" width="640" height="360" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<title>« Il y a de plus en plus de femmes mauriciennes engagées dans la lutte contre le Sida »</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Mar 2016 08:50:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Viviani]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[SOCIETE CIVILE]]></category>
		<category><![CDATA[droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[mobilisations citoyennes]]></category>
		<category><![CDATA[sida]]></category>
		<category><![CDATA[société civile]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>L’Ile Maurice compte aujourd’hui près de 1400 femmes séropositives. Victimes d’une discrimination encore plus forte que les hommes, ces dernières rencontrent de plus grandes difficultés pour accéder aux soins antirétroviraux ou tout simplement parler de leur pathologie autour d’elles. Et pourtant, elles sont de plus en plus engagées dans la lutte contre le Sida. Altermondes [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p class="GreyBG">L’Ile Maurice compte aujourd’hui près de 1400 femmes séropositives. Victimes d’une discrimination encore plus forte que les hommes, ces dernières rencontrent de plus grandes difficultés pour accéder aux soins antirétroviraux ou tout simplement parler de leur pathologie autour d’elles. Et pourtant, elles sont de plus en plus engagées dans la lutte contre le Sida. <em>Altermondes</em> a fait le point avec Rachel Constantin, Secrétaire du conseil d’administration de l’ONG mauricienne Prévention Information Lutte contre le Sida (<a href="http://www.pils.mu/pils-/pils-en-bref.html">Pils</a>) et administratrice de <a href="http://www.coalitionplus.org/#&amp;panel1-1" target="_blank">Coalition Plus</a>.</p>
<h6>Quel rôle les femmes mauriciennes jouent-elles dans la lutte contre le virus du Sida ?</h6>
<p><strong style="line-height: 1.5;"><a href="/wp-content/uploads/2016/03/Photoportrait_Rachel-Constantin_Pils.jpg"><img class=" size-thumbnail wp-image-135586 alignleft" src="/wp-content/uploads/2016/03/Photoportrait_Rachel-Constantin_Pils-100x150.jpg" alt="Photoportrait_Rachel Constantin_Pils" width="100" height="150" /></a>Rachel Constantin : </strong><span style="line-height: 1.5;">Aujourd’hui à Maurice, je remarque qu’il y a de plus en plus de femmes engagées dans la lutte contre le VIH. À Pils par exemple, on compte 15 employés dont 12 sont des femmes. Amita Pathak, l’ancienne secrétaire d’État dédiée à la lutte contre le VIH a beaucoup œuvré en faveur de cette cause. Le docteur Ugodah, une femme médecin travaillant encore au ministère de la Santé est aussi une figure de proue de cette lutte. Ces quelques exemples montrent que les Mauriciennes commencent à s’emparer du problème et passent à l’action pour le résoudre. Mais le paradoxe est qu’elles connaissent beaucoup plus d’entraves que les hommes pour le faire. Par peur d’être rejetées de leur famille, de perdre leur travail, d’être stigmatisées et marginalisées par la société mauricienne, beaucoup de femmes séropositives hésitent à parler de leur pathologie. Car le risque qu&rsquo;elles prendraient est bien réel. À Pils, nous avons rencontré des femmes atteintes du VIH, qui après avoir parlé de leur séropositivité, ont été jetées à la rue et ont fini par se prostituer…</span>Briser le silence est vraiment difficile face à une telle pression sociale.</p>
<h6>Pouvez-vous nous donner des exemples d’initiatives portées par les femmes dans la lutte contre le SIDA à Maurice ?</h6>
<p><strong style="line-height: 1.5;">R. C : </strong><span style="line-height: 1.5;">Depuis 20 ans, le cœur de métier de Pils consiste à dispenser soins, médicaments, consultations et informations aux citoyens mauriciens atteints du VIH. Nombre de nos bénévoles sont des femmes et notre organisation a été plusieurs fois dirigée par des présidentes. Ceci a permis de donner plus de visibilité aux combats des Mauriciennes séropositives, qui, pour la plupart sont issues des classes populaires. Emilie Trousselit est coordinatrice des programmes de Pils. Elle a un rôle clef puisque c’est elle qui fait le lien entre les bailleurs de fonds et la redistribution de cet argent aux initiatives locales de lutte contre le Sida. Sa sensibilité a permis de faire avancer les choses en faveur des Mauriciennes porteuses du virus. Enfin, nous avons la chance d’avoir une femme membre de l’antenne nationale du Fonds Mondial. Sensible au fléau du Sida à Maurice, elle plaide pour qu’une partie des dons et prêts de l’instance soient constamment alloués à cette cause.</span></p>
<div id="attachment_135592" class="wp-caption aligncenter"><a href="/wp-content/uploads/2016/03/IMG_7629.jpg"><img class="wp-image-135592 size-large" src="/wp-content/uploads/2016/03/IMG_7629-1024x683.jpg" alt="Atelier Pils" width="1024" height="683" /></a><div class="wp-caption-text">Rachel Constantin en plein atelier (crédit : Pils)</div></div>
<h6><span style="line-height: 1.5;"> </span><span style="line-height: 1.5;">Comment se passe la collaboration entre l’État et la société civile mauricienne dans la lutte contre le VIH ?</span></h6>
<p><strong style="line-height: 1.5;">R. C : </strong><span style="line-height: 1.5;">Depuis décembre 2015, le pays a changé de gouvernement. On s’est rendu compte qu’il était moins sensible au fléau du Sida à Maurice. Cette nouvelle équipe gouvernementale a beaucoup de préjugés par rapport aux personnes atteintes du Sida. Elle pense que les personnes contaminées sont essentiellement des consommateurs de drogue et des prostitués. Ce qui n’est pas totalement juste comme information car le VIH touche d’autres catégories de la population à Maurice. Avant, les organisations de la société civile arrivaient à  travailler de manière complémentaire avec le ministère de la Santé. Cette collaboration a permis de mettre en place une politique de distribution du traitement antirétroviral à base de méthadone. Beaucoup de séropositifs en ont bénéficié, ce qui fut une véritable avancée. Récemment, le nouveau ministre de la Santé a fait en sorte que ce traitement ne soit plus prescrit à de nouvelles personnes.  À côté de cela, la répression policière et judiciaire sur les consommateurs de drogues et les prostitués atteints du Sida devient plus sévère. À Pils, nous déplorons fortement cette réponse politique au problème.</span></p>
<p><span style="line-height: 1.5;">Crédits photo de Une : DR</span></p>
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		<title>Bébés volés en Argentine : « La France, un exemple de solidarité pendant la dictature »</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Feb 2016 09:22:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Louise Michel D'Annoville]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[SOCIETE CIVILE]]></category>
		<category><![CDATA[Argentine]]></category>
		<category><![CDATA[dictature]]></category>
		<category><![CDATA[droits de lenfant]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Son nom a été cité pour le Prix Nobel de la Paix. Estela de Carlotto, présidente des Grands-mères de la Place de Mai en Argentine rencontrera, jeudi 25 février, François Hollande dans le cadre de sa visite d’Etat à Buenos Aires, 40 ans après le coup d’Etat militaire. Du haut de ses 85 ans, la [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p class="GreyBG">Son nom a été cité pour le Prix Nobel de la Paix. Estela de Carlotto, présidente des Grands-mères de la Place de Mai en Argentine rencontrera, jeudi 25 février, François Hollande dans le cadre de sa visite d’Etat à Buenos Aires, 40 ans après le coup d’Etat militaire. Du haut de ses 85 ans, la figure emblématique des « Abuelas » continue de chercher les petits-enfants volés pendant la dictature par les généraux ou les sympathisants du régime avant d’être appropriés par des familles sous une fausse identité.</p>
<p> <span style="line-height: 1.5;">C’est au Parc de la Mémoire, situé en face en du Rio de la Plata, que François Hollande rencontrera les Grands-mères de la Place de Mai, jeudi 25 février, à Buenos Aires. Un lieu chargé de sens, puisque c’est ici que des milliers de militants politiques ont été jetés vivants dans le fleuve lors des tristement célèbres « vols de la mort ». Sur l’immense monument aux victimes, le nom de la fille d’Estela de Carlotto, présidente de l’association des Grands-mères, y est gravé à côté de milliers d’autres disparus de la dictature. </span></p>
<h6>Qu’est-il arrivé à votre fille Laura, militante politique pendant la dictature ?</h6>
<p><strong>Estela de Carlotto :</strong> Ma fille Laura, étudiante activiste et opposante à la dictature, s’était enfuie de La Plata, la ville où nous habitions, pour des raisons de sécurité. C’est à l’école primaire où je travaillais que je recevais ses appels téléphoniques et ses lettres. Mais ce jour- là, le 16 novembre 1977, les appels ont cessé. C’est à ce moment précis, nous avons eu, mon mari et moi, la certitude que quelque chose lui était arrivé. Elle avait été séquestrée par les forces de sécurité de Buenos Aires avec son compagnon. J’ai alors commencé à la chercher en frappant aux portes des éventuels témoins, des hôpitaux, des commissariats et des régiments dans l’espoir de la retrouver.</p>
<h6>En essayant de retrouver la trace de votre fille votre mari a également été séquestré par la junte militaire pendant la dictature ?</h6>
<p><strong>E.d.C. :</strong> C’est exact. Mon mari a été détenu justement parce qu’il enquêtait sur la disparition de notre fille. Lorsqu’il est sorti, 25 jours plus tard, il m’a raconté tout ce qu’il a vu et vécu pendant sa détention dans ce lieu sinistre de la police de la province de Buenos Aires. Dans cet endroit, transitaient de nombreux prisonniers. Mon mari a vu comment ils étaient torturés puis tués. Ma fille, Laura a dû subir le même traitement….A la seule différence qu’elle attendait un bébé : elle était enceinte de trois mois.</p>
<h6>Comment avez-vous réussi à récolter des informations sur les conditions de détention de votre fille ?</h6>
<p><strong>E.d.C. :</strong> Grâce aux témoignages des ex-détenus libérés que j’ai pu rencontrer. Ils m’ont donné des informations sur les conditions de sa détention, de la naissance de son bébé, puis de son appropriation. Deux mois après avoir donné la vie dans un centre clandestin de détention, ma fille Laura a été privée de son enfant, avant d’être assassinée le 25 août 1978. Nous avons eu le « privilège » de récupérer le corps de notre fille après des discussions interminables au commissariat. Entre-temps je suis partie à la retraite. Mais j’étais loin de perdre ma force et de rester-là à pleurer sur mon sort. Ils avaient déjà détruits notre vie, il était donc hors de question, que j’attende les bras croisés. Un jour, je suis allée me recueillir sur la tombe de Laura, je lui ai promis de lui rendre justice, à elle et ses camarades, et de chercher son fils qu’elle voulait appeler Guido, comme son père.</p>
<h6>A cette époque, les Grands-mères de la Place de Mai réalisaient-elles l’ampleur du processus de vols de bébés ?</h6>
<p><strong>E.d.C. :</strong> Quand nous avons commencé à chercher nos petits-enfants, nous étions bien innocentes et naïves ! Nous nous demandions ce qu’ils avaient bien pu faire pour qu’ils les détiennent de la sorte…Jamais nous n’aurions imaginé un tel degré de sauvagerie : les militaires créaient des centaines de centres clandestins, exécutaient les prisonniers, jetaient des hommes et des femmes vivants dans le fleuve et volaient nos petits-enfants. C’est au fil des années que nous avons compris ce qu’il s’était passé, et dans mon cas particulier grâce mon mari, qui avait été lui aussi prisonnier.</p>
<h6>Le sang…La clé pour retrouver les petits-enfants kidnappés pendant la dictature ?</h6>
<p><strong>E.d.C. :</strong> Oui, l’ADN, voilà ce qui nous a permis de retrouver une partie de nos petits-enfants ! Au retour de la démocratie, en 1984 nous avons créé une Banque Nationale de Données Génétiques, unique au monde. Le sang des Grands-mères y est répertorié, ainsi que celui des membres de la famille des petits-enfants volés. Avec l’ADN, aucun doute n’est possible sur la véritable identité de nos petits-enfants : le sang ne ment pas. C’est grâce à cette technique que j’ai eu la chance de retrouver mon petit-fils Guido, le 5 août 2014.</p>
<h6>Quel rôle a joué la France dans la lutte des Grands-mères de la Place de Mai ?</h6>
<p><strong>E.d.C. :</strong> La France a toujours été un pays très solidaire. Il y a entre la France et l’Argentine un lien très fort d’amitié. Je pense non seulement à l’Etat mais également à la société civile. Déjà pendant la dictature civico-militaire, la France nous a aidées par le biais de l’ambassade : c’est d’ailleurs avec beaucoup d’affection que nous nous rappelons du personnel de l’ambassade qui était en quelque sorte nos messagers pendant cette sombre période. Nous-mêmes avons voyagé de nombreuses fois en France. Je me rappelle de Danielle Mitterrand et de sa fondation : elle nous a décorées, remis des prix. Elle nous a aussi rendu visite à Buenos Aires, et nous a donné du matériel pour la Banque Nationale des Données Génétique. La France a été un exemple de solidarité dans le pire moment de l’histoire de l’Argentine. Vous vous êtes rendue en France en septembre dernier dans le cadre de la « Campagne sur l’identité ».</p>
<h6>Pensez-vous qu’il puisse y avoir en France des bébés appropriés illégalement ?</h6>
<p><strong>E.d.C. :</strong> Effectivement, je suis allée en France pour lancer la campagne du « réseau européen pour l’identité ». Nos petits-enfants sont aujourd’hui des adultes…Nous pensons qu’ils peuvent se trouver n’importe où sur cette Terre ! Certains vivaient d’ailleurs au Mexique, en Uruguay, au Paraguay, en Hollande et aux Etats-Unis lorsque nous les avons identifiés. Nous pensons qu’ils peuvent également se trouver en Espagne, en France, ou en Italie. Peut-être que certains d’entre eux ont des doutes sur leur identité qu’ils n’arrivent pas à résoudre. Nous sommes là pour les aider. Ils doivent savoir que leurs parents sont en fait leurs ravisseurs.</p>
<h6>Vous avez retrouvé la trace de votre petit-fils Guido le 5 août 2014, après 36 ans de recherches. Avait-il lui aussi des doutes sur son identité ?</h6>
<p><strong>E.d.C. :</strong> Quelques mois avant de se rendre au local des Grands-mères de la Place de Mai, quelqu’un lui a confié que ses parents n’étaient pas ses parents biologiques. Mon petit-fils a commencé à penser qu’il pouvait être l’enfant de disparus de la dictature. Puis il a réalisé une analyse de sang et ses doutes ont été confirmés. Il est musicien. Il a repris sa vie d’avant, dans son petit village. Et moi, de mon côté, je continue depuis Buenos Aires à chercher les 300 petits-enfants volés qui manquent encore à l’appel.</p>
<h6>Comment les Grands-mères aident-elles les petits-enfants récupérés à reconstruire leur histoire ?</h6>
<p><strong>E.d.C. :</strong> Toutes les personnes identifiées ne réagissent pas de la même manière. Certaines acceptent immédiatement la nouvelle, alors que d’autres mettent plusieurs années. Les Grands-mères doivent redoubler de patience et accompagner les petits-enfants dans ce processus complexe : introduire une nouvelle vie dans une vie existante n’est pas une chose facile. Une équipe de psychologues travaillent également avec eux et les guident. Les petits- enfants se rencontrent régulièrement entre eux pour se soutenir. Les Grands-mères sont aujourd’hui âgées. Demain, ce sont eux, les jeunes, qui prendront le relais de ce long combat pour la vérité et la justice.</p>
<p><a href="/wp-content/uploads/2016/02/Casa-por-la-identidad-abuelas.jpg"><img class="aligncenter wp-image-129361 size-large" src="/wp-content/uploads/2016/02/Casa-por-la-identidad-abuelas-1024x768.jpg" alt="Casa por la identidad abuelas" width="1024" height="768" /></a></p>
<p>Photo de Une : Au siège des Grands-Mères de la Place de Mai à Buenos Aires, Estela de Carlotto, présidente de l’association, se tient devant les visages des disparus de la dictature argentine.  Crédit : Louise Michel d’Annoville</p>
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		<title>Des Sahraouis trouvent refuge à Bordeaux</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Feb 2016 09:00:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Rédaction]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[SOCIETE CIVILE]]></category>
		<category><![CDATA[droit des peuples]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[liberté de circulation]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Depuis novembre 2015, une communauté d’environ 300 Sahraoui s’est installée dans les hangars d&#8217;une ancienne usine chimique le long de la Garonne, à Bordeaux. Entre désir d&#8217;intégration et attachement à leurs origines et à la cause de leur peuple. Reportage. 53, quai de Deschamps, Bordeaux. On imagine qu&#8217;à cette adresse on pourrait tomber sur une belle maison [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p class="GreyBG">Depuis novembre 2015, une communauté d’environ 300 Sahraoui s’est installée dans les hangars d&rsquo;une ancienne usine chimique le long de la Garonne, à Bordeaux. Entre désir d&rsquo;intégration et attachement à leurs origines et à la cause de leur peuple. Reportage.</p>
<div id="attachment_123827" class="wp-caption alignright"><a href="/wp-content/uploads/2016/02/logo1.png"><img class="wp-image-123827 size-thumbnail" src="/wp-content/uploads/2016/02/logo1-150x125.png" alt="Comune-info" width="150" height="125" /></a><div class="wp-caption-text">Ce <a href="http://comune-info.net/2016/02/un-campo-sahrawi/" target="_blank">reportage</a> est paru pour la première fois sur Comune, <em>pure player</em> militant italien spécialisé dans les communs, la décroissance et l&rsquo;ESS.</div></div>
<p>53, quai de Deschamps, Bordeaux. On imagine qu&rsquo;à cette adresse on pourrait tomber sur une belle maison au bord de la Garonne alors qu&rsquo;il y a encore peu de temps, ici se trouvait une usine chimique. Aujourd’hui, ce sont 300 Sahraoui qui y ont élu résidence, en espérant trouver un avenir meilleur en France. Le 30 janvier ils ont décidé d’organiser une fête pour faire connaître leur culture et instaurer le dialogue avec les habitants du coin. <em style="line-height: 1.5;">« Les premiers Sahraouis sont arrivés en France en 2012,</em><span style="line-height: 1.5;"> raconte Sara, jeune étudiante brésilienne en anthropologie. </span><em style="line-height: 1.5;">L’été dernier, il y a eu une vague d’arrivées à Bordeaux et depuis septembre 2015, une véritable communauté d’environ 300 individus s’est installée sous un pont près de la rive droite de la Garonne. En novembre, la police les a chassés. Depuis ils occupent les hangars de cette usine abandonnée »</em><span style="line-height: 1.5;">. Tous les jeunes Sahraouis s’expriment dans un espagnol parfait. Ancienne colonie espagnole, le Sahara Occidental a maintenu l’enseignement obligatoire du castillan dans toutes les écoles. Ils parlent également l’anglais et l’arabe. Mais pourquoi viennent-ils donc en France ? Pour Brahim, la réponse est évidente : </span><em style="line-height: 1.5;">« la France est le pays romantique par excellence et dans les films la vie me semblait parfaite »</em><span style="line-height: 1.5;">.</span></p>
<p><span style="line-height: 1.5;">Mahmud, lui, est en France pour trouver un boulot : </span><em style="line-height: 1.5;">« Je m’en fiche de la politique »</em><span style="line-height: 1.5;">. Il a obtenu ses papiers en 2012. La France lui a reconnu le statut de réfugié. Il améliore son français et en même temps suit une formation pour devenir technicien de radiographie. Il aimerait vivre dans une vraie maison, dans des conditions dignes mais pour l’instant il n’a rien trouvé de mieux qu’une tente. </span><em style="line-height: 1.5;">« J’ai des obligations envers ma famille. Chaque mois, je dois envoyer quelques euros à mes parents et à mes frères restés là-bas »</em><span style="line-height: 1.5;">. Entre novembre et décembre 2015, les quelque 150 000 Sahraouis qui vivent dans les camps de réfugiés en territoire algérien ont dû faire face aux intempéries les plus violents de ces dernières années, qui ont causé d’énormes dégâts à un peuple déjà à genoux, comme l’a dénoncé plusieurs fois le Croissant Rouge.</span></p>
<h6>Une histoire méconnue</h6>
<p class="leftGreyBG">Retrouvez notre reportage multimédias <a href="http://Les%20Sahraouis victimes de l’indifférence générale" target="_blank">« <span style="line-height: 1.5;">Les Sahraouis victimes de l’indifférence générale </span><span style="line-height: 1.5;">»</span></a></p>
<p>L&rsquo;histoire du peuple Sahraoui est peu connue en France. <em>« Nous Sahraouis sommes un peuple arabe originaire du Sahara Occidental, un morceau de terre riche en phosphate situé entre le Maroc, la Mauritanie et l’Algérie. Depuis 1975 nous sommes sous occupation militaire marocaine »,</em> explique le jeune Moha, informaticien, chauffeur et mécanicien de 28 ans au sourire contagieux. Il est en France depuis quinze jours. <em>« J’ai payé 26 000 dinars algériens, l’équivalent de 3 000 euros pour arriver du port algérien de Tlemcen à Almeria. De là, j’ai continué mon voyage vers Bilbao et finalement je suis arrivé en France »</em>. Il se trompe : 26 000 dinars correspondent à 222 euros, mais il n&rsquo;est pas le seul à avoir du mal à dire combien il a payé exactement. <em>« As-tu des papiers ? ».</em> Habitué à la question, il montre le récépissé qui témoigne du dépôt d’une demande d’asile en France.</p>
<p>Arrivé il y a 15 jours, Moha a reçu de la part du collectif qui assiste le peuple Sahraoui à Bordeaux l’une de ces tentes qui font le bonheur des scouts et des familles en camping pendant l’été. Autour de lui il y a quelques baraques en bois. Ceux qui sont là depuis plus longtemps ont construit des structures plus résistantes. Sur tous les murs on peut lire « W RASD » pour « Vive la République Arabe Démocratique des Sahraouis », le mouvement politique fondé en 1976 par le Front Polisario pour mener la lutte contre l’occupation de l’Espagne et ensuite de la Mauritanie et du Maroc. Aujourd’hui, la Suède est le seul pays européen à reconnaître la RASD. Depuis 1963 le peuple Sahraoui attend l’organisation du référendum qui lui permettrait de déclarer l’indépendance. A cause de la faiblesse des institutions des Nations Unies, qui devraient faire respecter le droit à l&rsquo;autodétermination des Sahraouis, rien n’a changé depuis l’occupation marocaine, la fameuse « Marche Verte » de 1975. Entre 1982 et 1991, le Maroc a bâti un mur de 2 720 km de long qui divise le Sahara Occidental en deux parties. C&rsquo;est  un champ de mines, le plus vaste au monde.</p>
<h6>En quête de reconnaissance</h6>
<p><span style="line-height: 1.5;">A l’occasion de la fête, le hangar principal a été aménagé pour pouvoir accueillir un concert de musique reggae et rock d’un groupe local, suivi d&rsquo;une lecture de poèmes traditionnels sahraouis et français. </span><span style="line-height: 1.5;">Sous une grosse tente rectangulaire, deux artistes </span><span style="line-height: 1.5;">jouent</span><span style="line-height: 1.5;"> les mélodies les plus fameuses du répertoire Sahraoui. Un petit stand permet de goûter des spécialités culinaires d&rsquo;origine saharienne. </span><span style="line-height: 1.5;">Entre deux chansons, les femmes dansent et préparent le thé à la menthe </span><span style="line-height: 1.5;">: </span><em style="line-height: 1.5;">« le premier verre est amère comme la vie, le second est doux comme l’amour, le troisième est suave comme la mort »</em><span style="line-height: 1.5;">. </span></p>
<p>Des peintures murales décorent les murs des hangars. Des hommes bleus, des oiseaux, quelques mots. Ce sont les dessins d’un peuple qui ne perd pas l’espoir. Les danses, les chansons et les poèmes parlent d’une communauté qui veut se faire connaître et qui demande à être reconnue. Une telle profusion artistique dans une usine abandonnée devenue un camp de réfugiés étonne Elena, une jeune étudiante qui ne connaissait pas cette réalité avant de venir ici. Elena et Clémentine y reviendront. Pour apprendre l’espagnol, pour enseigner le français, pour faire ce que la France n’a pas le courage de faire.</p>
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		<title>Corruption en Roumanie : le grand ménage</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Jan 2016 09:30:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Marianne Rigaux]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[SOCIETE CIVILE]]></category>
		<category><![CDATA[corruption]]></category>
		<category><![CDATA[justice]]></category>
		<category><![CDATA[mobilisations citoyennes]]></category>
		<category><![CDATA[Roumanie]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>La Roumanie s’est lancée dans une grande opération « mains propres ». ONG, société civile et Justice sont mobilisées pour éradiquer la corruption. Avec des résultats très encourageants. Et les femmes en sont souvent les principales orchestratrices. Iulia Cospanaru dit souvent qu’elle a trois enfants : les deux dont elle est la mère et Transparency [&#8230;]</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p class="GreyBG">La Roumanie s’est lancée dans une grande opération « mains propres ». ONG, société civile et Justice sont mobilisées pour éradiquer la corruption. Avec des résultats très encourageants. Et les femmes en sont souvent les principales orchestratrices.</p>
<div id="attachment_97396" class="wp-caption alignright"><a href="/wp-content/uploads/2015/12/COUV-ALTER-44-e1449589245284.jpg"><img class="wp-image-97396 size-thumbnail" src="/wp-content/uploads/2015/12/COUV-ALTER-44-106x150.jpg" alt="L'invasion des supermarchés : les pays du Sud doivent-ils en avoir peur ?" width="106" height="150" /></a><div class="wp-caption-text">Cette enquête est parue dans le <a href="/decouvrez-le-nouveau-numero-sur-les-supermarches-a-la-conquete-du-sud/">numéro 44</a> d&rsquo;<em>Altermondes</em></div></div>
<p>Iulia Cospanaru dit souvent qu’elle a trois enfants : les deux dont elle est la mère et <a href="https://www.alacromania.ro/" target="_blank">Transparency International Roumanie</a>. À 32 ans, elle est la directrice adjointe de l’ONG, qu’elle a rejointe dès 2004. Et, depuis, elle lutte contre la corruption, très répandue dans son pays. Transparency International Roumanie a créé le <a href="https://www.alacromania.ro/raporteaza-coruptia" target="_blank">Centre de conseil et d’assistance juridiques</a>. « <em>C’est une plateforme en ligne qui propose une aide juridique à toutes les personnes témoin ou victime de corruption, y compris les lanceurs d’alerte</em> », détaille Iulia Cospanaru. Très concrètement, chacun est invité à remplir un formulaire puis recontactées par mail ou téléphone. Les cas signalés vont du professeur qui exige des cadeaux en échange de bonnes notes, aux services hospitaliers qu’il faut soudoyer pour avoir des draps propres. Plus de 6 000 cas de corruption ont ainsi été traités depuis la création du centre en 2004. « <em>Il y a clairement des avancées dans la justice et dans les mentalités : les gens sont davantage conscients de la lutte contre la corruption, plus conscients aussi que les institutions jouent leur rôle</em> », se réjouit-elle.</p>
<h6>3 000 condamnations pour corruption</h6>
<p>S’il y a une institution qui joue son rôle, c’est bien la <a href="http://www.pna.ro/" target="_blank">Direction nationale anti-corruption</a> (DNA), un parquet dédié à l’assainissement de la classe politique. Elle a été créée en 2005, à la demande de Bruxelles, qui exigeait de Bucarest des progrès en la matière pour pouvoir intégrer l’Union européenne. Dix ans plus tard, la Roumanie est en passe de devenir la bonne élève de l’Union européenne. Au sein de la DNA, une armée de procureurs enquête, arrête et met en examen des personnalités de haut rang à un rythme aujourd’hui quasi quotidien. Ces trois dernières années, plus de 3 000 ministres, députés, sénateurs, maires et hauts fonctionnaires de tous bords se sont retrouvés en prison pour corruption. Une dizaine d’anciens ministres, de droite comme de gauche, est tombée. La condamnation la plus spectaculaire fut celle d’Adrian Nastase, Premier ministre de 2000 à 2004, qui a écopé de quatre ans fermes.</p>
<p>Laura Kövesi, 42 ans, la présidente de la DNA, est probablement aujourd’hui la femme la plus redoutée de Roumanie. Mais elle n’est pas la seule : coïncidence étonnante, la Direction nationale de l’anti-corruption, la Cour d’appel, la Cour suprême et le tribunal de Bucarest ont en commun d’être tous présidés par des femmes. Formées à l’occidentale, jeunes, minutieuses, déterminées, elles mènent la vie dure aux hommes – car ce sont bien souvent des hommes – corrompus, avec le soutien de la société civile.</p>
<h6>« La corruption tue »</h6>
<div id="attachment_110620" class="wp-caption alignright"><a href="/wp-content/uploads/2016/01/Klaus-Iohannis_président-roumain-actuel.jpg"><img class="wp-image-110620 size-medium" src="/wp-content/uploads/2016/01/Klaus-Iohannis_président-roumain-actuel-300x219.jpg" alt="Klaus Iohannis_président roumain actuel" width="300" height="219" /></a><div class="wp-caption-text">Le président roumain Klaus Iohannis &#8211; crédits : François de Ribaucourt / Wikimedia</div></div>
<p>En juin 2015, la DNA s’est attaqué au Premier ministre en exercice, Victor Ponta, pour blanchiment d’argent, conflit d’intérêts, évasion fiscale, faux et usage de faux. Victor Ponta s’est accroché à son poste. Mais, finalement, la rue a eu raison de son entêtement. Le 4 novembre dernier, suite à l’incendie d’une discothèque de Bucarest qui a fait 61 morts, le Premier ministre a remis sa démission. Les patrons de la boîte de nuit n’avaient pas les autorisations pour ouvrir et ne respectaient pas non plus les normes de sécurité. Les autorités locales avaient fermé les yeux. Depuis ce drame, un slogan résonne dans les rues roumaines : « <em>La corruption tue</em> ».</p>
<p>Autre scandale, en septembre, le maire de Bucarest, Sorin Oprescu, est arrêté. La DNA l’accuse d’avoir mis en place un système de pots-de-vin dans la mairie, qu’il occupait depuis 2008. Pour Nicusor Dan, l’arrestation du maire de Bucarest ne fut pas une surprise. Ce mathématicien, arrivé en politique presque par hasard, a été candidat à la mairie de Bucarest en 2012, face à Sorin Oprescu. Il a recueilli 8 % des voix avec un programme simple, mais ambitieux : nettoyer la capitale de la corruption. En vue des élections municipales de juin 2016, Nicusor Dan a créé un nouveau parti, « Sauvez Bucarest », qui rassemble des personnalités de la société civile. Il compte présenter un candidat pour chaque mairie de secteur de la capitale et briguer lui-même la mairie générale. Ce héraut de la lutte anti-corruption se réjouit :</p>
<blockquote><p>« <em>La DNA fait peur aux hommes politiques. C’est un véritable progrès. Le maire du secteur 6 de Bucarest a annoncé qu’il ne briguerait pas de nouveau mandat en 2016. Il sent sûrement que c’est trop risqué pour lui. »</em></p></blockquote>
<h6>Des jeunes au regard différent</h6>
<div id="attachment_110619" class="wp-caption alignleft"><a href="/wp-content/uploads/2016/01/Monica-Macovei_ancienne-ministre-de-la-Justice.jpg"><img class="  wp-image-110619 size-medium" src="/wp-content/uploads/2016/01/Monica-Macovei_ancienne-ministre-de-la-Justice-300x210.jpg" alt="Monica Macovei_ancienne ministre de la Justice" width="300" height="210" /></a><div class="wp-caption-text">Monica Macovei, ancienne ministre de la Justice &#8211; crédits : Razvan Socol / Wikmedia</div></div>
<p>Reste à combattre ce que les associations appellent « la petite corruption ». Celle du quotidien, comme la boite de chocolats offerte au guichet pour accélérer un dossier ou bien le billet glissé au contrôleur du train plutôt que d’acheter un ticket. Iuliana Iliescu coordonne l’association <a href="http://www.apd.ro/ro_RO/" target="_blank">ProDémocratie</a>, qui agit sur ce volet depuis le début des années 1990. « <em>Ce qui se passe depuis quelques années avec les arrestations massives et médiatisées encourage les journalistes, la société civile et les simple citoyens à se mobilier et à protester</em>, souligne-t-elle. <em>Vingt-cinq ans après la fin de Ceausescu, la corruption est encore profondément ancrée en Roumanie. Il faudra plus d’une génération pour s’en débarrasser. Mais les mentalités commencent à changer.</em> »</p>
<p>En mai dernier, ProDémocratie organisait, en partenariat avec le ministère de l’Intérieur, le premier <a href="http://www.apd.ro/ro_RO/clubapd-cnc/competitia-anti-corruption-film-festival-2015" target="_blank">festival du film anti-corruption de Roumanie</a>. Le concours a séduit de nombreux jeunes roumains. La politologue Irène Costelian place tous ses espoirs dans cette jeunesse. « <em>De plus en plus de jeunes qui ont travaillé en Occident reviennent vivre en Roumanie avec un regard différent. Ils font plus évoluer les mentalités que la DNA ou les ONG.</em> » Un sondage réalisé fin octobre 2015 par <a href="http://www.inscop.ro/" target="_blank">Inscop Research</a> indique clairement que les Roumains en ont assez de la corruption. Plus de 90 % des personnes interrogées ne souhaiteraient pas voter pour un candidat qui a subi une enquête ou été jugé pour corruption, 88,4 % estiment même que les personnalités publiques condamnées pour corruption ne devraient plus jamais occuper de fonction publique. Irène Costelian revient sur un autre événement, banal à première vue, mais qui témoigne de l’évolution des mentalités.</p>
<blockquote><p>« <em>L’été dernier, alors que les médecins manifestaient pour une hausse de leur salaire, le Premier ministre Victor Ponta a proposé de légaliser les bakchichs que les médecins reçoivent très régulièrement de leurs patients. Les plus jeunes ont refusé fermement, en argumentant qu’il fallait justement combattre ces bakchichs.</em> »</p></blockquote>
<h6>Aller plus loin</h6>
<p>Spécialiste anti-corruption au sein de l’ONG Expert Forum, Laura Stefan ne compte plus les heures passées à faire de la pédagogie. «<em> J’écris des articles, j’explique les affaires à la télévision, j’organise des formations pour les juges, les journalistes et les procureurs. Il y a énormément de choses à faire pour sensibiliser l’opinion.</em> »<br />
Comme tout le monde, elle souligne et admire le travail de la DNA. Mais elle aimerait que la Roumanie aille encore plus loin.</p>
<blockquote><p>« <em>On peut faire mieux sur la réparation des préjudices subis. Lorsque les peines pour corruption sont assorties d’un ordre de confisquer les avoirs, l’administration fiscale en confisque seulement 5 %. Et, malheureusement, la classe politique n’a pas l’intention d’améliorer ce fonctionnement.</em> »</p></blockquote>
<p>À Transparency International, Iulia Cospanaru fait le même constat. « <em>Ce n’est pas suffisant de condamner les gens à quelques années de prison. Pour prouver que les choses ont vraiment changé, il faut confisquer les sommes indûment perçues, geler les comptes, saisir les biens. Sinon, les personnes condamnées reprennent leur vie d’avant une fois sorties.</em> » Un progrès néanmoins : en 2014, les sommes confisquées dans les dossiers de la DNA ont représenté 310 millions d’euros, soit trois fois plus qu’en 2013. Au tribunal de Bucarest, Laura Andrei, sa présidente, assure que tout est mis en oeuvre. La Justice n’a pas non plus été épargnée par le grand ménage. « <em>J’ai dû demander une enquête à la DNA sur quatre juges pour lesquels j’avais des suspicions de corruption. Probablement, la décision la plus difficile de ma carrière.</em> » La plus lourde peine prononcée pour ces juges s’élève à 22 ans de prison ferme. « <em>C’est un mal pour un bien, le public a vu que l’institution a su réagir</em> », conclut-elle. À l’image de son tribunal, Bucarest est en train de prouver que le pays peut et veut se débarrasser de la corruption.</p>
<p>Crédits photo de Une : Marianne Rigaux</p>
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